Suid., V. Soçox/.î
A. lilict.y III, I. cr. Athen., Deiim., I; Vit. Sophocl., etc.
S. Voyez la di^sertition, déjà ciîée, de Bœitiger, Quid sit docere fahulam; Opusc.y p. 28 1 sipi-
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HISTOIRE GÉNÉRALE
jouaient eux-mêmes cet unique personnage dont l'introduction, presque fortuite, avait produit le drame, et qui fut quelque temps le drame tout entier. Plus tard, quand le progrès de raction amena sur la scène un second, puis un troisième personnage, ils durent s'adjoindre deux autres acteurs, mais auxquels ils apprirent, bien entendu, eux déjà les maîtres du chœur, les rôles dont ils les chargeaient. Auteurs, acteurs, chefs de troupe tout à la fois les ^ poêles accomplissaient ainsi, pour ainsi dire à eux se'uls 1 œuvre dramatique tout entière. On peut suivre assez long' temps, dans quelques-uns des faits trop rares et quelquelois malheureusement trop contradictoires et trop obscurs dont se compose l'histoire de la scène antique , la trace de cet ordre de choses primitif. Un passage d'Aristophane nous représente Agathon occupé de former de
dresser cIeds sa maison le chœur d'une de ses tragédies* un autre passage de Platon, auquel il a été renvoyé précédemment', nous fait connaître que, malgré Texemple donne par Sophocle, qui cependant remplit encore, nous le savons au temps de sa jeunesse, les rôles de son Thamyris et de s^ Nausicaa\ de ne plus jouer soi-même ses pièces S Agathon, dans une grande circonstance au moins de sa carrière dramatique, la représentation d'une pièce qui ut honorée d'un prix, contribua de sa personoe aa succès de son ouvrage : enfin il est à supposer, car nul
témoignage ne 1 établit, que ce poète considérable nVtait
pas sans avoir quelques comédiens attachés à sa fortune par les mômes liens qui paraissent avoir lié Télestes,
Ueandre et Myniscus « à Eschyle, Glidémide et Tlépoleme a Sophocle ^ Géphisophon à Euripide '. A quelle
^^^^^^^' ^^^^^' ^^''^ --P-aU les . ô'es d^sts ^^i^l 7. Ari3lopii., lian., pas,iai 5 Tliom. M.gi.t., VU. Euripid.
DE LA TRAGI^DIE GRECQUE. 107
époque et dans quelles limites celte constitution, cette organisation primitive du spectacle tragique se modifiât-elle, de sorte que le poète, quand il allait entrer en lice, reçût du sort* ses divers agents pour ainsi dire, nonseulement le chœur, mais un fonctionnaire spécialement chargé de son instruction, quant à la partie orchestique
du moins *, un Chorodidascale ; mais les trois acteurs principaux, qui, selon une loi de Tart, peut-être formulée par Horace ', comptaient seuls au théâtre comme dans la
tragédie , et concouraient inégalement , hiérarchiquement*, selon les proportions variées de leur talent et l'importance de leurs rôles, à l'ensemble, à l'unité de l'expression scénique , sous les noms de protagoniste, deutéragoniste , tritagoniste , en latin, adores primcjum,
secundarum^ terliaruni partium ? Le choix libre des acteurs fut-il, comme beaucoup Tont pensé, une dérogation
exceptionnelle à l'usage antérieur de les tirer au sort, et
cela en faveur, soit de poètes "^j soit de comédiens®, déjà couronnés, et d'une réputation faite? ou bien, au contraire, ce que je croirais plus volontiers, la distribution par la voie du sort de ces acteurs fut-elle un moyen, assez tardivement trouvé, de rendre les chances égales entre les concurrents, de mettre un terme à leurs manœuvres, de
prévenir leurs réclamations? Il me paraît difficile de se
prononcer avec certitude sur toutes ces questions, que les textes anciens ont laissées bien obscures. (Je qui est plus clair, c'est que le domaine du poète, d'abord sans limites, se restreignit progressivement; c'est que, la composition et la représentation devenant par degrés des départements distincts, le poète finit par n'être plus chargé, au théâtre même, que d'une surveillance générale sur Texé-