‹ Études sur les tragiques grecs [microform]Chapitre 581 sur 893 · ttU, p · texte numérisé non relu

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HERCULE FURIEUX

Est-ce tout? Non : on ne peut se refuser à reconnaîtie

encore que l'égarement d'Hercule, l'éclaircissement et la

résolution désespérée qui le suivent, reproduisent en partie ce que Sophocle a si bien peint dans son Ajax * . Sans doute nous ignorons la date de V Hercule furieux^ et par conséquent pouvons supposer qu'à cette pièce appartient la priorité de quelques-unes des situations, des peintures

qui viennent d'être passées en revue. Mais elle restera

chargée d'assez d'emprunts divers pour que son originalité en soit fort compromise. Et toutefois, par un habile

emploi de ces espèces de matériaux tragiques, par la nouveauté de certaines inventions qui s'y mêlent, par la construction hardie de l'ensemble, par l'intérêt de plusieurs

rôles, l'effet entraînant de bon nombre de scènes, cette

pièce se place assez près des compositions les plus pathétiques et même les plus élevées d'Euripide. Elle ne méritait pas d'être négligée des critiques comme elle l'a été

généralement, sans doute parce qu elle se prêtait moins

que d'autres à l'imitation des modernes, et qu'ils ne l'ont

pas, je crois, reproduite. Elle ne justifie pas^ surtout le

mépris que lui prodigue La Harpe , lequel n'y voit que

« d'extravagantes horreurs, » et la juge seulement « un peu moins ridicule que les Bacchantes; » mépris tout gratuit au reste, car le critique n'a pas lu, je ne dirai pas ce qu'il analyse, mais ce qu'il parodie. Lycus est pour lui « un certain Lycas ! » Mégare , d'après une faute d'impression du livre de Brumoy, il l'appelle quelque part

(( Alcmène! » Enfin, ce qu'Euripide a mis judideusement

en récit, la folie d'Hercule, il le place, lui, « sur la

scène I » La Harpe conclut en disant : « Si jamais Euripide n'avait écrit que dans ce goût, on ne l'aurait pas

comparé à Sophocle. » Nous pouvons dire avec plus de

raison : si l'auteur du Cours de littérature n'eût jamais jugé qu'avec cette légèreté les productions de l'esprit, son livre ne mériterait pas d'être ouvert.

Rien n'est plus propre à mettre en lumière le mérite de

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