Voyez, plus loin, livre IV, cti. \x
3. C'est ce qu'a lortbien dit, avec d'autres, Lessing, dansua passage intéressant de sa Dramaturgie (art. sur la Mérope de Voltaire), où il défen i, à certains égarJs, les prologues tant attaqués d'Euripide, y
voyant, ce que nous y avons vu rous-même, une sorte de préface
poétique, dont le retranchement n'altérerait en rien l'cconomie de l'œuvre elle-même; qui ne désintéresse, au sujet de l'événement, une curiosité vulgaire, que pour en éveiller une autre, d'un ordre plus relevé, quant à la manière dont cet événetnent s'accomplit; qui enfin, dans le cas particulier dont il s'agit, ajoute véritablement à l'intérêt des situations : «....Si le spectateur apprend seulement au cinquième acte qu'Ion est fils de Creuse, ce ne sera pas à ses yeux son fils, mais un étranger, un ennemi, qu'elle aura voulu mettre a mort au troisième acte ; ce ne sera plus, à ses yeux, de sa mère qu'Ion voudra se venger au quatrième acte, maisde sa meurtriîrc. D'où naîtra donc la terreur et la pitié? Le pur soupçon qu'un certain assemblage de circonstances peut faire naître, le pur soupçon qu'Ion et Creuse pourraient bien s'appartenir de plus près qu'iù ne le pensent, n'aurait pas suffi pour
cela. It fallait que ce soupçon devint certitude; et si le spectateur ne pouvait acquérir cette certillude que du dehors, s'il n'était pas possible qu'il put en avoir l'obligation à l'un des personnages agissants de la pièce, n'était-il pas mieux que le poëto l'en informât de la seule manière à sa disposition, que point du tout?.... »
ION
venu crrand, on Ta attaché au culte du dieu, dont il Ignore, ainsi que ses bienfaiteurs, qu'il a reçu la naissance. Cependant Creuse a été donnée en mariage à
Xuthus, fils d'Éole, roi des Achéens, pour le récompenser
d'un service important rendu aux Athéniens dans une
guerre contre les habitants de l'Eubée. Après plusieurs
années d'une union stérile, les deux époux, affligés de se
voir sans héritiers, viennent à ce sujet consulter l'oracle de Delphes. Voilà donc la mère et le fils en présence, par une rencontre qui n'est pas toute fortuite. C'est Apollon qui dirige ces événements ; il veille sur la destinée de son enfant, et ne se propose rien moins que de le faire reconnaître par Xuthus.
Pour ne pas trouver trop ridicule et trop comique la
situation où va se trouver placé le roi d'Athènes, il faut
se reporter aux mœurs mythologiques, telle que la tragédie antique nous les retrace. Dans VOreste, Ménélas rappelle à Tyndare, comme un titre d'honneur, que Jupiter est entré dans sa couche*. Dans Hercule furieux
Amphitryon se glorifie d'une pareille disgrâce 2. On peu
sait alors ce que Molière a fait dire au roi des dieux :
Qu'un partage avec Jupiter N'a rien du tout qui déshonore *.
Sosie a déjà des scrupules plus modernes, quand il s'écrie ironiquement :
Le grand dieu Jupiter nous fait beaucoup d'honneur \
La première scène de l'/o/i, qui nous montre le jeuno prêtre s'acquittant, le matin, des fonctions de son ministère, est d'une poésie fort originale, mais aussi fort difiicile à rendre. La traduction, où j'ai essayé de la