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éveille en son âme une si douce espérance, est admirablement rendu.
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dent leur dépôt' !»
Vous avez pu suivre dans ce morceau tout le jeu de la scène ■ car les Grecs n'avaient pas besoin de ces parenthèses commodes où nous indiquons la pose et quelquefois
pasrn même de l'actenr ; l'une et l'autre chez enx, Ptaient écrites dans le rôle même. Ici on voit Ion, d a- S cor^^^^^ tristement la corbeille, puis s'apprOCher
de l'autel pour Vy déposer sans l'ouvrir, puis s arrêter
par un mouvement' soudain, pour développer les bande^ fettes qui l'entourent, et lorsqu'elle paraît enfin a ses veux Creuse, dont il s'est rapproché, 'aperçoit aussi et dèslors tout est expliqué. La mère quitte son asile et se iette dans les bras de son fils, à qui elle se fait reconnaireav.c évidence, en lui annonçant d'avance les objets qu'elle a autrefois déposés dans le berceau, et dont
le souvenir a dû rester profondement gravé dans son esprit'.
Les transports de joie de Creuse et d'Ion sont bientôt suivis, et il ne pouvait en être autrement, d'une explication embarrassante pour tous deux, et dont la naïveté est peu commune, même sur la scène grecque. Ion apprend avec chagrin qu'il n'est pas fils de Xuthus ; avec quelque
orgueil, que du moins il est né d'Apollon ; cependant il en doute un peu, et sa mère, qu'il prend à part pour la
presser à ce sujet, aurait grand'peine à dissiper ses soupçons, si Minerve, au nom d'Apollon, ne venait lui confirmer la vérité de sa' naissance divine. En même temps
la déesse lui annonce sa gloire et celle de sa race : il régnera sur le trône d'Erechthée ; ses fils seront les fondateurs et les chefs des quatre tribus primitives ^ d'Athènes ; ses petits-fils peupleront les Cyclades, et, s'étendant jusqu'en Asie, donneront son nom à l'Ionie. Ce n'est pas tout : de Creuse et de Xuthus naîtront deux fils, Dorus et
Achéus, rois illustres dont l'Achaïe et la Doride recevront
leurs noms. On comprend ce que ces origines devaient ajouter d'intérêt au dénoûment de la tragédie qui les célébrait. C'était, comme VErechthre de notre poëte', emprunté à la même antiquité labuleuse, au même ordre
d'aventures, et qu'on a cru* avoir fait partie de la même tétralogie, comme les Suppliantes et les Héraclides^ une de ces pièces par lesquelles Euripide, ainsi que ses devanciers, les auteurs des Euménides^ et de VŒdipe à Colons^ flattait habilement, chez le public qu'il attachait, qu'il
touchait, le sentiment de l'orgueil national.
Quelqu'un pourrait demander pourquoi Apollon n'est
1. Ainsi s'est opéré depuis, dans cette coniédie que devaient amener les exemples d'Euripide, plus d'un dénoûment. Voyez le Rudens de Piaule, imité par lui de Diphile, et sa Cislellaria, dont on ignore le modèle.
?. Partagées depuis, après l'expulsion des fils de Pisistrate, en dix, par Clisthène, comme le rapporte Hérodote, V, 66.