Athalie, acte I, se. 2; II
Allemagne, où presque à la fois, au commencement de ce
siècle, elle a été traduite par Wieland % qui s'en était
déjà, l3ien des années auparavant, inspiré dans son roman
d Agathon, et plus librement reproduite, non pas seulement pour la lecture, mais pour la représentation, par VV. Schlegel 2; remaniement malheureux d'ailleurs, des
vices duquel l'auteur n'avait certainement pas conscience quand, assez peu de temps après, il traitait si rigoureusement Racine au nom d'Euripide % comme Euripide luimême au nom de Sophocle et d'Eschyle *. Le mouvement naturel et facile, l'intérêt de la pièce grecque, j'entends
son intérêt humain, car, pour son intérêt athénien, il ne pouvait véritablement être conservé, disparaissent au milieu des développements parasites de toutes sortes, employés pour étendre la fable à la dimension, qu'elle comportait si peu, de nos cinq actes modernes. Le second
s'achève à peine que déjà est à peu près épuisé ce que fournissait Euripide. Il faut insister sans mesure sur la situation pénible de la mère poursuivie par son fils; et quelle poursuite! une sorte de chasse. Tare à la main, cet arc dont Euripide avait armé son innocent et pacifique
Ion pour un autre usage. La reconnaissance opérée, il faut trouver au delà du dénoûment Ja matière d'un cinquième acte et pour cela ramener de son sacrifice sur le Parnasse, où Euripide l'avait assez judicieusement oublié, l'embarrassant Xuthus, et lui faire subir devant les spectateurs
des explications aussi fastidieuses pour eux que désagréables pour lui. Il finit d'ailleurs par s'y prêter d'assez
1. Dans le Nouveau Musée attiquej publié avec Hottinger et Jacobs, de 1805 à 1809.