Ion, tragédie antique, Berlin
3. Comparaison entre la Phèdre de Racine et celle d'Euripide,
4. Cours de littérature dramatique, 1808. En Allemagne, une réaction naturelle a fait expier à Schlegel ses jugements plus que sévères sur Euripide par des appréciations pan induljrentes de la pièce qu*il lui a empruntée. Voici comment s'exprime à ce sujet J A. Hartung,
ibid., p. k^l : «« Magnam liaec fabula gratiam vel apud vitupéra tores
« Euripidis proptcr rerum elegantem implicaiionem iniit, quorum A. « Ou. Schlegeiius eliam imitatus est, sed perversissima ra«ione; vide
« Herderum in opp. adirtes ingenuasperlin. T. XVllI, p. 147. »
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ION
bonne ^râce, plutôt, il est vrai, comme TAmphitryon de la tragédie grecque *, et à plus forte raison de la comédie latine ^ que comme celui de la comédie française. Fran- I chement, ce qui se rencontre çà et là dans l'ouvrage d'imitations exécutées avec art, de détails curieusement
érudits, de traits spirituels, de vers élégants, n'est pas
une compensation suffisante à la nullité dramatiqu'^, à la fatigue, à l'ennui des derniers actes, fâcheuse addition dont Schlegel, démentant sa théorie par sa pratique, a eu le tort d'appauvrir la riuhe simplicité d'Euripide.
Lessing ^ parle avec peu d'estime d'une Creuse anglaise, imitée de Vion d'Euripide, en 1754, par W. Whitehead ^ De nos jours le théâtre anglais s'est enrichi d'une tragédie intitulée Ion, comme celle d'Euripide, mais qui n'a avec elle aucun rapport. L'auteur désavoue lui-même
toute ressemblance, sauf la première et seule donnée d un jeune homme de naissance inconnue, élevé dans un temple. Le nouvel Ion est un héros de dévouement; habitant Argos que ravage la peste et qu'opprime le tyran Adraste, il se charge d'aller porter des remontrances au palais, malgré une menace de mort pour tout survenant. Sa vertu, ses traits, sa voix touchent Adraste, qjLi lui conte le roman de sa jeunesse, une épouse secrète, morte de douleur, un enfant jeté à la mer par les satellites de ses cruels parents. Sur les instances d'Ion, Adraste consent à
entendre les anciens d' Argos dans une assemblée publique OÙ sa violence oppressive prévaut sur toute plainte et sur la rumeur excitée par cet oracle rapporté de Delphes, que les maux d' Argos cesseront quand la race de ses maîtres aura péri. Suit une conspiration des jeunes Argiens pour ' frapper le tyran qui, cette nuit même, a prodigué le vin à ses gardes et s'est endormi ainsi qu'eux dans l'ivresse.
1 Voyez plus ha-jt, p. 8 sq.