‹ Études sur les tragiques grecs [microform]Chapitre 601 sur 893 · CHAPITRE QUINZIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUINZIEME

Hélène. — Iphigénie en Tauride.

De VIon d'Euripide, le chef-d'œuvre, selon moi, de ce poète, dans le genre, alors nouveau, de la tragédie romanesque, je passerai à son Hélène, à son Iphigèwe en Tauride^ qui peuvent être rapportées au même genre, et que rapproche, sinon l'égalité du mérite, du moins l'identité

presque absolue de la composition. Euripide, comme on va le voir, y a fort librement usé du privilège que se sont arrogé de tout temps les romanciers, de répéter sous des noms divers, avec queL[ues légères variantes, le m.^me

roman.

C'était, chez les Grecs, une fort ancienne tradition que celle du séjour d'Hélène en Egypte. Homère, dans son Odyssée*, nous la représente qui offre à Télémaque un breuvage merveilleux qu'elle a rapporté de ce pays, mais

il ne dit pas à quelle époque, ni par quelles circonstances

elle y avait été conduite. Hérodote', ([ui cite Homère, entre dans plus de détails. Selon son récit, Paris, retournant à Troie avec l'épouse de Ménélas, qu'il avait enlevée, fut poussé par la tempête vers l'une des embouchures du Nil, et de là conduit à Memphis vers le roi Pfotée, qui, après lui avoir reproché son crime, retint Hélène et le renvoya. 1 a guerre suivit entre les Grecs qui réclamaient Hélène et les Troyens qui assuraient ne la pouvoir rendre puisqu'ils ne l'avaient point, mais aux protesations des;ucls les Grecs naturellement refusaient d'ajouter foi. Après la ruine de Troie, iVlén:'las, passant par

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