Plutarch., Vit. LuculL, xxix. — 2. Plufarch., Vit. Crass
S^:, ma"'' ^'''''''^'■' ^^'i-'^-' ^^^•^^'. Viii, 41.-3. Euiip.;
DE LA TRAGÉDIE GRECQUE
Étrange et terrible aventure, où la tragédie réelle se mêlait k la fiction, et souillait de sang la pure et noble musa d'Euripide 1 Triste abaissement du génie grec, réduit k
amuser les loisirs des barbares, et chargé par eux , comme un bouffon cruel, du soin d'humilier la gloire de
Rome !
Environ deux siècles avant cette époque, introduite à
Rome par le tarentin Livius Andronicus , la tragédie grecque y avait reçu, en quelque sorie, le droit de cite : elle y avait appris des successeurs de ce vieux poète, de
Névius, d'Eniiius, de Pacuvius, d'Altius, la langue de
sa nouvelle patrie, et dans un style rude encore, mais
énergique et hardi, qui mêlait quelque emphase k sa
naïveté, elle avait reproduit, devant un peuple ignorant
et cha!rat,% toutes ces belles compositions d'Eschyle, de
Sophocle, d'Euripide, destinées a plaire par leur exquise
et profonde vi'rité, partout où elles peuvent s'expliquer,
fût-ce imparfaitement, à des hommes assemblés : elle s'était même hasardée, fort rarement, il est vrai, à quitter son costume étranger , k revêtir la toge , à se
laire toute romaiiiO , à entretenir les Romains de leurs souvenirs nationaux, de leurs gloires domestiques, de Romulus, de Brutus , de Décius , de Paul Êmi'e , de celui peut-être dont le triomphe, changé en funérailles*, lui offrait un exemple contemporain de ces catastrophes
fatales, dans l'exprestion desquelles elle se complaisait.
Mais la vie nouvelle qu'elle avait reprise sur une autre