‹ Études sur les tragiques grecs [microform]Chapitre 610 sur 893 · Pausan.. Att xuii · texte numérisé non relu

Pausan.. Att xuii

3. Phot., BiUioth. cod. ccxxxix, excerpt. e Procli qramm. Chresl.

HELENE

IPHIGENIE EN TAURIDE.

barbare sa mauvaise fortune. On comprend que son cœur habite encore en son ancienne patrie ; qu'elle songe souvent à sa famille, à celui qui doit un jour en être le chef, qui peut-être la tirera de son exil , à son frère

Oreste.

Le début de la pièce nous la montre* tristement occupée de telles pensées, déplorant sa situation présente et la perte de ses espérances. Car un songe prophétique

que, selon une coutume grecque fort commode pour les

monologues, elle vient raconter à l'air afin d'en détour-

1 . Après quelques vers de prologue consacrés sans beaucoup d'art à sa généalogie, à ses aventures antérieures et qu'on pourrait croire avoir étéparodiéspar Arisiophane, aux vers 47 sqq.^ie ses ^c/tarniens (cf. Ban., 1232, 1:U;9), si la date de cette comédie, donnée la quatrième année de la Lxxxv* olympiade, n'était de beaucoup antérieure aux dates diverses qu'on assigne, par conjeî^ture, à Ylphigénv^ en Tauride. J. A. Hartung (ibtd., t. II, p. 141 sq.), concluant de certaines différences de détail, qui

se remarqucnl entre \ Iphigénie en Aulide et Vlphigénie en Tauride, que

celle-ci h précédé l'autre, représentée d'ailleurs, comme l'on sait, seulement après la mort du poêle, et tirant de différences du même

genre, remarquées entre rOresfé? et Vlphigénie en Tauride, la même

consé(]uencp, est conduit à chercher avant la quatrième année de la xcii' olympiade Tépoque où a paru Vlphigénie en Tauride. Il la juge

d'abord postérieure à la troisième année de la Lxxxvm' olympiade, où eut lieu, à Délos, par le fait des Athéniens, qui aimaient à s'en prévaloir, une restauration éclatante du c ilte d'Apollon (Thucydid., ]1I, 10'4) ; il s'arrête ensuite à une.époqne interméciiaire entre l'été de la troisième année de la lxxxix' olympiade où les Athéniens déportèrent en Asie les habitants de Délos, et l'été de la quatrième année de la même olympiade, où ils les rétablirent dans leur patrie (Ihucydid., V, 1; itiod. Sic, xn, 77). Il se fonde sur les allusions que lui paraît faire à ces événements un chœur (v. 1063 sqq.) oii les esclave.^ grec-

que'î, compagnes d'iphigénie, s'entretiennent avec complaisance de Délos, qu'on a cru par cette raison être leur patrie, et déplorent les

malheurs qui les ont condamnées à l'esclavage sim* une terre barbare On peut se rappeler que des raisons semblables ont servi à déterminer le date de VIfécube, de V Hercule furieux (voyez notre t. II f, p. 334,

note 1, et plus haut, p. 14 sq.). Ce système approuvé par M. H. Weil, De tragœdiarum cum rebvs publias conjuncttone, 1844, p 32 sq., est appuyé par lui de considérations nouvelles tirées de plusieurs passages de la pièce (v. 1-206 sqq.; 1438 sqq.), qui tous semblent avoir trait aux rapports d'Athènes avec Délos. Par une maidère de voir bien différente, M. Th. Fix [Euripid., F. Didot, 18^3, Chronolog-. fahul., p. xn), suit à cause de certaines ressemblances métriques avec Vlon et ['Hélène, soit en considération de quelques paroles très -vives contre les tlevins et les dieux prophétiques qui abusent les hommes par leurs

prédictions, paroles dans lesquelles il voit Texpression du mécontenie-

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ner le funeste effet*, semble lui annoncer la mort d*Oreste. Arrêtons-nous quelques instants sur ce morceau composé avec un art qu'il y a quelque intérêt à étudier.

Les songes sont, de leurnature, incohérents et obscurs. Mais quand la poésie imite cette incohérence et cette obscurité, elle y marque certains rapports avec le passé ou

avec l'avenir, une certaine suite significative, qui ne doit

être ni trop apparente , on verrait la main du poète, m

trop absente non plus, l'intérêt ferai! défaut. Les Grecs

excellent en cela comme en tout le reste. Dans leur tragédie, que conduit la fatalité, se manifestant par la présence et l'intervention des dieux, par des apparitions, par des oracles, par des présages, enfin par des songes, les songes, naturellement, abondent. Or, ils y ont toujours , comme dans la nature, quelque chose d'incohérent et d'obcur, quelque chose aussi qui se rapporte au souvenir

du passé, ou au pressentiment de l'avenir, une suite secrète, un sens mystérieux. Telles sont chez Eschyle et chez Sophocle, dans les Perses^, les Choéphores^ , Electre'',

les visions qui troublent Atossa et Glytemnestre'; telle est dans la tragédie d'Euripide qui nous occupe, celle qui annonce conlusément à IphlgénieS par des images bizarrement et étrangement associées, mais offrant cependant un sens dont elle est frappée, sans le pénétrer entièrement, l'événement prêt à survenir, et d'où doit sortir la tragé-

die. « C'est la fiction d'un poète, et toutefois elle n'est

(xci« ohmp. 1"^ année), môme après V Electre (xci« olymp. 4* année), dans les derniers vers de laquelle (v. 1247) se trouve une allusion évidente au desastre de Sicile (voyez notre t. II, p 339 et 360), peut avoir été représentée la première année de la xcu« olympiade, en

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