De Divin
Exin compellare pater me voce videtur
His verbis : Ognata ! tibi sunt ante ferundae
^rumnse, post ex fluvio fortuna resistet ! Haec effatu' pater, germana, repente recessit.. Nec sese dédit in conspectum, corde cupitus, Quamquam multa manus ad cœlicsrula templa Tendebam lacrimans et blanda voce vocabam.
Vix œgro lum corde meo me somnii' reliquit.
Ce sont là de vieux vers et parfois assez rudes; mais
qu'ils expriment hien l'émotion haletante qui suit une vision pénible, la fatigue de l'esprit qui en rappelle la trace effacée et en cherche le sens ; et, en même temps, quelle
réserve délicate ! Ilia est assez avertie de ce qui la menace pour que le lecteur saisisse le rapport de l'annonce et de l'événement, pas assez pour qu'elle-même en ait la complète intelligence et que sa pudeur soit profanée d'avance
par une vue trop distincte de l'avenir.
Je me contente de rappeler comme des chefs-d'œuvre, en ce genre, le songe d'Énée* et celui d'Athalie*, et de renvoyer à Chateaubriand qui lésa comparés^, y trouvant,
à peu près au même degré, sous des images heureusement discordantes, et à travers leur voile à demi transparent, un
sens frappant et terrible.
Le contraire de cet art profond nous est offert par les songes de Crébillon*, aussi absurdes que ses tempêtes, entassement capricieusement confus et puérilement emphatique de tableaux sans liaison secrète et sans signification, « vrais songes de malade » : xgri somnia^ dirait Horace.
Revenons de cette longue excursion au songe d Iphigénie et, pour dernier commentaire, citons-le :
«... Il me semblait, dans mon sommeil, que j'avais
quitté cette lerre, que j'habitais Argos, que je dormais au milieu de mes femmes, et qu'un tremblement subit ébran-