‹ Études sur les tragiques grecs [microform]Chapitre 613 sur 893 · Racine, Athalie, act. II, se · texte numérisé non relu

Racine, Athalie, act. II, se

3 Génie du christianisme ^ liv. V, ch. ii.

4. Atrée et Thyeste, act. Il, se. 1 ; Electre, act. I, se. 7.

lant le sol, je fuyais, et du dehors voyais le toit tomber, le

palais lui-même s'écrouler sur la terre. Une colonne restait

seule, comme il me paraissait, de la demeure paternelle, et voilà que de son chapiteau je voyais descendre une chevelure blunde, que je Tentendais prendi e une voix humaine. Et moi, m'adjuitlant de l'office que j'exerce ici, celui de préparer pour le sacrifice les étrangers, je l'arrosais de libations, comme allanl mourir, et je pleurais, je poussais des cris. Ce songe,

je rinterprète ainsi : Oresle est mort, c'est lui que je préparai- pour le sacrifice. Les fils sont les colonnes de leur maison, et ceux-là meurent sur qui s'épanchent mes libations. ...»

Ainsi persuadée de la mort de son frère, Iphigénie se dispose à lui rendre les honneurs funèbres, et va dans ce dessein chercher quelques esclaves grecques que le roi du pays, Tlîoas, a attachées à son service.

Iphigénie est rentrée dans le temple de Diane, oxx elle fait sa demeure. Deux étrangers paraissent au pied de

ses murailles, et les observent attentivement. C'est Oreste

qui vient avec Pylade, par Tordre d'Apollon, ravir la

statue de la déesse, entreprise de laquelle dépend la fin

des tourments qui Tobsèdent depuis le meurtre de sa mère. Leur entretien nous fait contempler avec eux ce temple souillé par des sacrifices humains et dont le seuil est orné d'horribles dépouilles*. Après avoir pris connaissance de la disposition des lieux et des difficultés qu'ils auront à vaincre, ils se retirent pour se cacher dans les rochers du rivage, jusqu'à ce que la nuit leur permette

d'agir.

k3i dès la première scène a déjà paru l'attachement d'I-

phigénie pour son frère, qui occupera tant de place dans

une pièce dont l'affection fraternelle^ est, ainsi que l'amitié, ie principal intérêt, cette amitié, avec ses délicatesses, n'a pas laissé de se montrer elle-même dès la seconde

Foribiis.... affixa superbis Ora virum tristi pendebant pallida tabo.

Virg , J£neid., Wll, 196.

2. C'est à ce point de vue surtout que M. Saint-Marc Girardin dans son Cours de littérature dramatique, 1843-1855, ch. xxv, a analysé

cette tragédie et Va. fort ingénieusement comparée aux ouvrages composés depuis sur le même sujet.

scène, comme on Fa finement remarqué*. C'est Oreste qui, préoccupé des dangers qu'il fait courir à Pylade, et

cachant cette généreuse inquiétude sous l'apparence d'une crainte personnelle, parle de renoncer à l'entreprise et de

se retirer; c'est Pylade qui, dans l'intérêt d'Oreste, donne le conseil courageux de poursuivre et d'achever. Encore

in antécédent du trait si célèbre :

Allons, seigneur, enlevons Hermione'.

Iphigénie revient avec le chœur. Elle commence la cérémonie funèhre qu'elle a annoncée, en pleuranl la mort de ce frère qui, nous le savons, est plein de vie et si près d'elle. Cette erreur a quelque chose d'intéressant, mais l'invention n'en appartient pas à Euripide. Le début dos

Choéphores^ chez Eschyle, celui àEiectre\ chez Sophocle, nous ont déjà offert une situation absolument

semblable et dans une suite de scènes plus artistement

liées.

Cependant un berger vient annoncer à la prêtresse

qu'on a surpris sur le rivage , parmi ses rochers, doux étrangers, deux Grecs, et que le roi a donné ordre de les amener au temple pour y être immolés. Qui sont-ils ?. on l'ignore ; tout ce que l'on a pu comprendre, c'est qu'un d'eux s'appelle Pylade. Ce nom ne frappe point Iphigénie; il lui est inconnu. Lorsqu'elle quitta la Grèce, Oreste n'était qu'un enfant, et son ami n'était pas né. J'ai vanté

très-souvent les récits des tragédies grecques : celui du

berger de Tauride est tout à fait propre à faire connaître

caractère de ces morceaux si ditierents de ceux qui leur

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