‹ Études sur les tragiques grecs [microform]Chapitre 615 sur 893 · V. 252-331. '' ' ^ ^'i'^sqq · texte numérisé non relu

V. 252-331. '' ' ^ ^'i'^sqq

tableaux sont d'un poëte, le reste d'un témoin et d'un berger. A l'éclat du coloris se joint la précision des détails, la naïveté familière du lan^i^age. Il n'en est point ainsi de nos récits tragiques, presque toujours confiés à

des subalternes sans caractère et qui n'en peuvent mettre dans ce qu'ils disent. C'est alors l'auteur qui parle en leur place, et on le reconnaît à la généralité des images, à la pompe du style. De tels morceaux sont brillants sans doute, mais ils manquent toujours en quelque chose de

vérité dramatique.

Iphigénie s'étonne que la nouvelle qu'on vient de lui

apprendre, et qui en d'autres tempr l'eût douloureusement affectée, la laisse presque insensible. C'est que son malheur, qui la préoccupe, l'endurcit pour le malheur

d'autrui. Elle s*y arrête, elle s'y plonge ; ce ne sont que retours douloureux vers le passé. Le chœur, plus sensible au présent, se demande quels peuvent être ces étrangers, ce qui a pu les amener, et, par une transition naturelle, sa pensée se porte vers les lieux d'où ils viennent,

vers cette terre de Grèce, sa patrie, où il lui serait si doux de revenir. Les regrets d'Iphigénie, les vœux du chœur

préparent vaguement les impressions qui doivent suivre; il y a là un instant de calme, ménagé peut-être à dessein

pour faire plus vivement désirer une situation qu'on prévoit et qu'on attend.

C'est une des plus frappantes et des plus pathétiques qui aient été montrées sur aucun théâtre. Un frère et une

sœur qui se retrouvent sans se connaître ! Un frère que sa sœur est sur le point de conduire à la mort! Quel intérêt dans l'entretien qui doit faire éclater un tel secret ! Il y a dans VIon une scène de ce genre, que j'ai précédemment citée*. Celle-ci est certainement égale pour le naturel, et peut-être supérieure pour l'effet. Il semble qu'Euripide se contente de mettre ses acteurs en présence, et qu'il les

laisse ensuite parler comme ils pourront, sans s'en mêler. Mais sous cet apparent abandon se cache un art merveil-

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