Lagrange-Chancel, préface d'Oreste et Pelade
dans uneébauche de premier acte, trouvéeparmi ses papiers
et publiée par son fils'. Ce morceau, sans valeur par
lui-même, est précieux cependant, d'abord parce qu'il
montre comment Racine arrêtait d'avance ses idées, les
fixait par une rédaction préparatoire, ne voulant se
mettre à l'œuvre que lorsqu'il pourrait dire, comme un de ses héros :
Je sais tous les chemins par où Je dois passer ;
ensuite parce qu'on y surprend le travail habile par lequel une tragédie grecque se transformait sous sa main en une
tragédie française.
Ainsi, les modernes sont, sur certaines vraisemblances,
de moins facile composition que ne l'étaient les anciens,
plus portés à demander curieusement la raison de chaque
chose. Racine voulant, comme Euripide, représenter Iphigénie particulièrement occupée, même dans ses songes, de la pensée d'Oreste, se proposait, ce qu'avait néghgé le poëte grec, d'expliquer la secrète raison de cette preierence. Oreste, encore enfant lors du sacrifice d'Auhs,
n'avait point eu de part à son malheur.
Notre théâtre, alors ennemi du familier, n'eût peutêtre pas admis entièrement ce récit que j'ai cité 2, où un
berger expose si naïvement comment on a trouvé deux
étrangers sur le rivage, et avec quelle peine on s'en est
emparé. Racine avait l'intention de lui donner plus de dignité en le plaçant dans la bouche d'un fils de Thoas, survenu au milieu du combat, et qui n'en raconterait que
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Mais pourquoi ce jeune Scythe devait-il s'accuser,
auprès de la prêtresse de Diane, de l'avoir mise, sans le
vouloir, dans la nécessité de remplir son odieux mmis-
tère, en sauvant de la fureur du peuple de Tauride ces
étrangers bientôt reconnus comme Grecs? Parce que la jurisprudence amoureuse reçue en ce temps sur notre