Ibid
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Adieu! Conserve en loi, fidèle à ramitié,
De ton ami mourant la plus digne moitié.
Prends soin à ton retour d'une sœur qui m'est chère.
Daigne essuyer ses pleurs et lui rendre son frèro '.
Tout en vantant, comme je le dois, ce beau passage, je
ne puis me défendre de faire remarquer que la dignité
solennelle de notre langage tragique y dénature encore
un peu l'accent de la passion. Prends soin est bien vague,
bien général: daigne essuyer ses jjleurs, hien cérémonieux.
L'Oreste grec, à coup siir, se fut épanché dans ses derniers adieux, dans les dernières recommandations de sa tendresse, avec plus d'abandon, plus de désordre, une tendresse plus familière, plus vive ; à travers sa résignation eût éclaté davantage le trouble d'une âme qui se sépare avec elïort de tout ce qui lui est cher , le regret
même de cette vie flétrie par la douleur et le remords.
Ecoutez comme il s'exprime:
c Aux dieux ne plaise, Pylade ! C'est à moi de souffrir ce qui ne regarde que moi. J'ai assez démon malheur, je ne pourrais suffire à deux. N'allègue point la lionle ; elle serait pour ton ami, si, en récompense de tant de dévouement, d te laissait périr. Quant à ce qui me touclie, tu peux me croire, traité par les dieux comme je le suis, je ne dois point regretter do mourir.
C'est à toi de vivre, toi dont le sort est prospère, dont la maison
est pure et fortunée, tandis que la mienne est coupable et inal-
heureuse. Vis donc avec Electre ma sœur ; tu Tas reçue de mes mains, eUe sera ton épouse, la mère de tes enfants ; par vous mon nom subsistera, ma race ne sera point entièrement éteinte.
Va-t'en, Pylade *, vis, habite la maison de mon père. Mais,
quand tu seras de retour en Grèce, quand tu re verras Argos,je