‹ Études sur les tragiques grecs [microform]Chapitre 644 sur 893 · Acte II, se. I · texte numérisé non relu

Acte II, se. I

HÉLÈNE. — IPHTGÉNIE EN TAURIDE

Quand le Philoctète de Sophocle* rencontre un homme dans son désert, et que cet homme lui parle sa langue, il exprime sa joie par ces seuls mots, si éloquents : «0 douce parole 1 «Voici le développement philosophique qu'y ajoute

le Pylade de Goethe :

« Sons de la langue maternelle, mille fois agréables sur la terre étrangère! A ce bienveillant accueil, les côtes bleuâtres de mon pays se représentent à mes yeux, tout captit que je suis ... Mais j'oubliais un moment combien j ai besoin de toi,

et mon esprit était plein de celte délicieuse apparition . »

Philoctète n'en savait pas tant, il n'était pas si habile à se rendre compte de ses secrets mouvements ; tout ce qu'il pouvait était de s'écrier : « 0 douce paroleM »

Mme de Staël a dit d'Iphigénie, telle que l'a représentée Goethe, qu'elle a le calme d'un philosophe. On pourrait faire des autres personnages le même éloge ou plutôt la même critique. Oreste lui-même se possède assez, et dans ses fureurs, ou plutôt, comme l'a dit l'auteur d'une ingénieuse notice*, dans ses ravissements extatiques, on le prendrait pour un poëte qui compose. Je vais transcrire ce morceau, dont le développement paisible, le ton mélancolique et rêveur, contrastent, on ne peut davantage, avec les emportements frénétiques que l'on s'attendrait à y trouver.

« Encore une, encore une dernière coupe d'eau du Léthé,

fraîche source de soulagement! Bientôt la convulsion de la vie

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