‹ Études sur les tragiques grecs [microform]Chapitre 647 sur 893 · Acte il, se. 1; III, se. K · texte numérisé non relu

Acte il, se. 1; III, se. K

1 Acte IV, se. 5. Une élégante traduction en vers français de la pièce de Goethe a été publiée en 1855, à Stutigard,par M. Eug. Borel.

que consiste surtout l'intérêt de riphigénie de Goethe. Car, j'ai essayé de le montrer/ une action nulle, une

marche lente, des formes indécises, le caractère rêveur et

abstrait des sentiments et du langage, l'altération des traditions et des mœurs, non-seulement ne permettent pas

de la rapprocher de ces modèles grecs que peut-être elle

prétendait reproduire, mais encore lui retirent cette vie

dramatique dont l'auteur, avec tant de génie et de gloire,

a su animer plus d'un sujet moderne.

Lorsque je juge si librement, dans ses rapports avec la tragédie grecque et les conditions ordinaires de la scène,

un des chefs-d'œuvre de Goethe, j'ai besoin de me rassurer contre des doutes légitimes par quelques autorités.

Un critique savant et judicieux, très-compétent et très-favorable appréciateur du grand poêle, dans une

intéressante revue de ses œuvres, a justifié l'Iphigénie

allemande et du môme coup quelques belles productions

de la littérature française, en alléguant, pour la défense de Goethe, précisément ces infractions à l'exacte vérité des mœurs et des idées antiques, que l'on a quelquefois, et surtout en Allemagne, si sévèrement reprochées à nos écrivains. « Dans cet ouvrage, a dit M. Ampère*, que

les Allemands et l'auteur lui-môme semblent regarder

comme la plus achevée de ses compositions dramatiques..., des sentiments d'une délicatesse toute chrétienne, d'un raffinement tout moderne se cachent sous des formes empruntées à l'antiquité.... Ces conceptions

sont les siennes et non celles d'Euripide..., et je ne lui en fais pas de bien sévères reproches ; je ne puis le blâmer beaucoup d'être resté lui-même. Qu'ont fait d'ailleurs Fénelon et Racine? Est-ce dans l'antiquité, dont le caractère est peut-être assez empreint dans leurs ouvrages,

qu'ils ont trouvé, l'un la jalousie de Phèdre, l'autre la

morale évangélique répandue dans le Téléraaque ? Goethe a fait comme eux, et il était moins homme que personne à s'oublier complètement dans l'imitation d'un modèle;

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