Plus haut, p. 115, sq
2. On lit dans une autre lettre écrite de Rome, le 26 février 1787, ce
passage qui nous montre, à cette date, l'esprit de Goethe toujours obsédé du nouveau sujet qu'il avait conçu et qui disputait à ses plus célèbres œuvres son attention : « Ne ferâis-je pas mieux d'écrire Iphigénie à Delphes que de ra'escrimer avec les chimères du Tasse ? »
Celle-ci, armée de la hache fatale qu'elle enlève à l'autel,
est sur je point de tuer Iphigénie, lorsqu'une péripétie
heureuse préserve les deux sœurs et leur frère de cette
dernière et terrible catastrophe.
a Si cette scène réussit, on n'aura pas souvent vu au
théâtre quelque chose de plus grand et de plus touchant. » , . .
On doit bien regretter que Goethe n'ait pas mis ce
plan à exécution. Il a été tardivement repris, je ne sais avec quelle fidélité et quel succès, par un poëte viennois,
M. Halms, dans une Iphigénie à Delphes représentée, je
crois, en 1856.
Une publication de date plus récente nous ramène à
l'œuvre capitale dont il est surtout traité dans ce chapitre et par laquelle il convient de le finir. En 1861 a été pu-
hliée à Berlin, par un maître habile autant que modeste et zélé, M. Th. Kock, une traduction grecque de l'Iphigénie allemande, dans des mètres et dans un style savamment empruntés aux grands modèles tragiques d'Athènes. L'hommage commua rendu par l'auteur à des génies de
natures comme d'époques si diverses, est ingénieusement
annoncé, au frontispice du volume, par un médaillon qui
réunit les deux profils d'EuripiJe et de Goethe,