CHAPITRE DIX-SEPTJÈME
Rhésus.
Aux tragédies de divers genres que je viens de passer en revue, à celles où une sorte d'unité collective rassemble dans une même composition plusieurs fables distinctes, à celles qui intéressent par la singularité romanesque des aventures, je crois devoir faire succéder, dans ces Études, le Rhésus, que caractérisf^nt la variété des incidents, la multiplicité des personnages, lajiparei) du
spectacle, le mouvement plus extérieur qu'intime de la scène.
Horace conseillait aux poëtes dramatiques de ne pas
produire au théâtre des sujets absolument nouveaux, de mettre plutôt en actes quelques récits de poète épique d'Homère par exemple*. Il était d'accord avec la pratique constante des tragiques grecs, à cela près que ceuxci, c'est Aristote ^ qui le remarque, ont plus emprunté
aux poëtes cycliques qu'à l'Odyssée, et surtout, en raison de sa sévère unité, qu'à l'Iliade. De l'Iliade, Eschyle ne
paraît avoir tiré qu'une trilogie comprenant, sous ces titres, les Myrmiiioiis^ les Néréides, les Phrygiens, ainsi que la Briséis de notre théâtre, tout l'ensemble du
poëme : dans la première des trois tragédies, le repos obstiné d'Achille avec la mort de Patrocle qui y met un terme ; dans la seconde, la vengeance qu'il tire d'Hector au moyen des nouvelles armes apportées par Thétis ;