Sept. adv. Theh., v. 371. Voyoz t. I, p
h. Gruppe, ibid. .
C. Le potite ne dil pas laqueUe. On variait a ce sujet. Quelques-uns, disaient Clio, d autres Eutt^pe, CaUiope, Terpsichore. Voyez les scolies du Vatican, ad V. 34-2, Eurip., Glasg., t. V, p. 589; Apollod., Bibl. I . lU, 4,
îM.
Il ''^1
RHÉSUS
n'ont-ils pas réclamé ton secours! Que de présents neTavonsnous pas envoyés ! Et toi, homme de notre race, barbare comme nous, tu eusses laissé, s'il n'eût tenu c|u'à toi, les barbares ' à la merci des Grecs ! Et pourtant, souviens-t'en, tu étais peu de
chose, quand cette main fit de toi le roi de la Thrace; quand,
près du mont Pangée, dans la Paeonie, affrontant ses plus braves guerriers, rompant contre eux ma lance, je mis sous ton
joug cette contrée. Mais tu as foulé aux pieds toute reconnaissance ; tu as vu tes amis dans la peine, et n'es venu à leur aide
que le dernier. D'autres qui par leur origine ne nous tenaient en
rien, étaient ici dès le commencement: les uns, tombés dans les
combats, sont ensevelis dans des tombeaux, monuments de leur
foi ; les autres, encore sous les armes, montant le char guerrier,
supportent avec nous le froid des hivers, la soif brûlante des étés, sans s'égayer, comme toi, à faire courir autour de la table du festin la large coupe. Voilà ce que je te reproche, et en face, afin que tu saches qu'Hector dit librement sapensée*. »
Rhésus, protestant lui-même de sa franchise, répond
que le désir d'être utile aux Troyens ne lui a pas manqué,
mais qu'une longue guerre contre les Scythes l'a, bien
nialgré lui, retenu. Libre enfin de cet obstacle , il a aussitôt traversé la mer avec son armée; il a franchi, sans s'arrêter, sans s'épargner, avec plus de fatigues et de privations qu'Hector ne paraît se l'imaginer, l'intervalle qui le séparait de ses alliés. Il arrive tard, mais à temps encore; la guerre, vainement soutenue depuis dix ans,
n'est pas finie: il la finira, et seul, dès le lendemain; puis,
le jour suivant, il se remettra en route pour la Thrace, ou
plutôt, car il se reprend, encouragé par les applaudissements que donne le chœur à sa jactance, il s'en ira con-
1. Cf. V.830; Iphig. Taur.. 1142, 1392; Troad., 772, 974, 991, 1021, 1276; Eschyl , Fers., 191, 259,341, 427, 438; Virg., yEn., Il, 1,04. A
tous ces exemples, que rassemble dans une note intéressante {Eurip. t. IV, p. 290) Boissonade, de barbares se désignant eux-mêmes par ce nom, il faut ajouter ceux de Plaute disant {Asin., prol. ii; Trinum., prol. 19), de ses traductions latines d'originaux grecs: Marcus vortit barbare; faisant allusion {MiL glor., I. ii, 57) à Névius par ces mots :
poetœ barbaro ; appelant {PœnuL, III, ii, 21) l'Italie Harbaria, etc. C'est bien à tort, Boissonade le remarque, que Beck {ihid.) a tiré de
cet emploi du mot barfeare dans la tragédie de Uhésus un argument
contre l'opinion qui l'attribue à Kurinide.
quérir la Grèce avec Hector, que, par politesse, il veut bien mettre de la partie. Ce plan de campagne à la Pyrrhus ou selon un savant et spirituel critique ' qui trouve dans cette pièce trois Miles gloriosus, à la Pyrgopolimces, nous ramène de nouveau assez près de la COmédie, et nous n'entendons pas sans sourire Hector répliquer a ce
conquérant que soumettre la Grèce n'est pas chose si
facile, et que, pour lui, il s'estimerait heureux s'il arrivait
seulement à sauver d'elle sa patrie. Cette leçon de modestie ne profite pas à Rhésus. Interrogé sur la place
qu'il lui convient d'occuper dans la bataille, il demande
qu'on l'oppose à Achille, ou bien, car il apprend qu'Achille, irrité contre les siens, s'est retiré des combats,
au plus brave des Grecs après ce héros. On lui nomme Ajax, Diomède, Ulysse surtout, ce guerrier hardi et rusé,
dont les perpétuelles entreprises ont tenu jusqu'ici les
Troyens en échec. Ce n'est pas sans raison qu'on le rappelle, qu'on y insiste, au moment où une entreprise nouvelle'va faire apparaître au milieu du camp troyen cet ennemi redoutable. Mais pour Rhésus, qu'est-ce qu'Ulysse? un fourbe sans courage, agissant dans l'ombre. Qu'il le rencontre, il lui infligera un ignominieux supplice, et fera de son corps le repas des vautours. Ces bravades sont dramatiques, car elles contrastent étrangement avec le dénoûment qui s'approche et que prévoit le
spectateur.
Pendant qu'Hector conduit Rhésus au poste que ce superbe allié a enfin accepté, les sentinelles, dont se compose le chœur, on ne l'a pas oublié, s'occupent de se faire relever par celles que le sort appelle à lacinquième
garde, la garde du matin probablement ^. D'abord ont
veillé les Pœoniens, sous la conduite de ce Gorèbe à la mort duquel nous a si fort intéressés Virgile » ; puis les
Ciliciens, les Mysiens, les Troyens ; c'est maintenant le