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EURIPIDE, n. — 11
RHESUS.
l'auteur de ne le faire partir, comme chez Homère, qu'après 1 arrivée de Rhésus. Mais la multiplicité des personnages et le mouvement de scène qui en résulte, suppléent
en quelque chose au vide réel de l'action. En outre, ce
que cette action a de fortuit et de décousu, prend un air
d'enchaînement fatal par Tintcrvention, préparée et annoncée dans le prologue, de cette divinité qui console les deux héros grecs d'avoir manqué Hector, en leur apprenant que, d'après l'arrêt de la destinée, il doit tomber sous une autre main ; qui les dissuade, par une raison semblable, d'attenter à la vie de Paris; qui enfin les pousse au meurtre de Rhésus, dont l'heure est arrivée *. Si cette intervention n'était point aussi nécessaire que le
dit quelque part le poëte*, par forme d'apologie, au moins, d'après les données mythologiques, les habitudes de l'Iliade, était elle naturelle et vraisemblable'. Enfin il
se trouvait quelque chose d'analogue dans le récit même d'Homère, où le cri d'un héron, envoyé par la déesse sur le chemin des vainqueurs de Dolon et de Rhésus, quand ils partent pour leur expédition, leur fait connaître que sa puissance protectrice les accompagne*; oij, plus tard, quand leur œuvre est accomplie, et qu'ils songent imprudemment à frapper de nouveaux coups, sa voix, reconnue de Diomède, comme dans la tragédie elle l'est d'Ulysse % les avertit de se retirer au plus vite ^
Une alerte nocturne ramène sur la scène le chœur"', c est-à-dire ces mêmes Troyens qui tout à l'heure se