‹ Études sur les tragiques grecs [microform]Chapitre 668 sur 893 · Voyez VEuripide de Boissonide, t. IV, p. 40 sqq., i»y · texte numérisé non relu

Voyez VEuripide de Boissonide, t. IV, p. 40 sqq., i»y

3. Cette ambiguïté va un peu trop loin pour nous aux vers 6/9, 682, ingénieusement mais arbitrairement éclaircis par quelques critiques. Vovez le commeniaire de Heath, de Musgrave, etc.; la dissertation de Beck celle de God. Hermann, etc.; la traduction de Prévost; les notes de Boissonade. Peut être du sens d^m de ces vers, où Rhésus est nommé résulterait-il l'explication saiisfaisanie d'une difriculto signalée entre autres par Valckenaer [ibid). Ce critique demande, et il est difficile de lui répondre, comment Diomède et Ulysse, possesseurs, on vient de l'apprendre par Minerve elle-même (v. 667), des chevaux de Hhésus, de ces chevaux dont la blancheur, égale à celle du cygne,

éclate dans l'ombre, ne sont pas trahis par '•<ette proie, et peuvent réussir à l'emmener. On le comprendrait, si, comme djns les interprét=ïtions, d'ailleurs diverses, de Mu-grave, de Prévost, et récemment

de Th. Fix, Ewripid., F. Didot, m3, Adnotatio critica in Rhesum., p. XXXI, Ulysse était pris pour Rhésus lui-même.

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Son récit a cette naïveté, cette vérité de détails, et,

par suite, cet intérêt, qui ne manquent jamais dans les

tragédies grecques aux morceaux de ce genre. Les Tlira-

ces, dit-il, fatigués d'une longue route, s'étaient endormis, au lieu où les avait conduits Hector, sans ordre, sans

précaution; quanta lui, comme il s'occupait, après un court sommeil, de faire manger les chevaux de Rhésus

qu'il devait atteler de bonne heure pour la bataille, il a

VU s'approcher furtivement deux hommes, qui lui ont

semblé des voleurs, et que ses cris ont éloignés; il s'était

rejeté sur sa couche, et, tourmenté d'un songe * qui lui montrait les coursiers confiés à ses soins aux prises avec

des loups furieux, il voulait, plein de trouble, les aller

défendre, quand les derniers soupirs d'un mourant ont

frappé son oreille, et qu'il s'est senti tout couvert du

sang de son maître qu'on égorgeait: il s'est levé précipitamment, il a cherché ses armes, mais aussitôt une épée, que poussait la forte main d'un guerrier debout devant lui, s'est enfoncée dans son flanc et l'a jeté à terre sans connaissance^; revenu à lui, il n'a plus retrouvé les chevaux de Rhésus, ravis par ses assassins '. Voilà ce qu'il

raconte rapidement, vivement, déplorant le malheur et

l'indignité d'une telle fortune, dont il accuse, dans l'égarement de sa douleur, par des paroles obscures qui vont

tout à l'heure s'éclaircir, d'autres que des Grecs.

Et, en effet, quand Hector, qui est survenu, s'em

1. Ce songe peut être rapproché de ceux qui, dans ce théâtre, nous ont frjppé par la vérité de la peinture. Voyez plus haut, p. PO sqq. C'est la préoccupation de son service habituel et des soins mêmes auxquels il vient de vaquer tout à l'heure (voyez Cicéron, Divin. II, 67; Lucrèce, de ISat. rer. IV, 963 sqq ), ce sont de jtlus des circonstances

réelles, confusément aperçues à travers son sommeil, qui produisent

dans l'esprit de i'écuyer endormi la vision bizarre dont il est tourmenté. Voyez plus haut, p. 95, note 2.

2. Ainsi chez Virgile, Mneid., IX, 345 sqq., tombe Rhœtus surpri.-'j

sous l'épée d'Euryale :

Pectore in adverse totum cui cominus ensem Condidit assurgenti....

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