V. •758-794. Cf. liiad. X, 518 sqq
RHÉSUS
porte contre les sentinelles, dont la négligence a trahi l'armée, et les menace de rigoureux châtiments, il lui
impute en face d'avoir assassiné Rhésus pour s'emparer de ses coursiers. N'est-ce pas Hector qui les a fait venir, Hector qui leur a assigné un poste dont assurément les Grecs, auxquels leur arrivée même n'était pas connue, ne pouvaient avoir la moindre idée, à moins que quelque divinité n'eût pris soin de les en instruire? Trait ingénieux *, remarque judicieusement un traducteur d'Euripide 2, pour justifier, chemin faisant, l'intervention quelque peu superflue et arbitraire de Minerve dans les scènes qui ont précédé. Comment d'ailleurs, dit encore leThrace furieux, des Grecs fussent-ils arrivés jusqu'à eux, à travers les Troyens ? eussent-ils épargné les Troyens pour ne frapper qu'eux ? Non, non, ce n'est pas sous les coups de leurs ennemis qu'ils succombent, mais bien de leurs alliés. Hector, qui feint rétonnemcnt,raffliction, la colère,
a tout fait.
Hector, et voilà ce qui le rond si aimable, n'est pas seulement un guerrier d'un bouillant courage; c'est un homme plein de bonté. H entend avec patience, il repousse sans emportement cette absurde et outrageante imputation; il se contente de renvoyer le reproche à qui il convient, à quelque Grec audacieux, probablement à Ulysse, dont la pensée, dont le nom reviennent sans cesse (cela agrandit beaucoup le personnage) dans les alarmes des Troyens ; enfin, désespérant de dissiper les préventions obstinées de son accusateur, il ordonne qu'on l'emmène, et qu'on en prenne soin dans sa propre maison.
Une des dernières paroles de ce malheureux est bien touchante, c'est comme un antécédent du trait fameux de
Virgile :
.... Et dulces moriensreminiscitur A^gos^
8 O terre de ma patrie, que ne puis-je mourir dans ton sein *1 »