Ce n'est pas ropinion de Gnmnp /i'/u
RHÉSUS. '
Cette pièce, beaucoup moins mauvaise qu on ne s'esl
nlu à le dire, c'est mon sentiment, mais, d'autre part
uissi très-inférieure à toutes les tragédies qui nous sont ;estéès des Grecs, particulièrement aux tragédies du grand
noëte dont elle porte le nom, est-elle d Euripide? Il taut dire que les didascalies, catalogues de grande autorité, dans lesquels des critiques, des grammairiens comme Aristote Gallimaque, Ératosthène, Aristophane, Aris-
tarque, Cratès, Caryste, avaient, d'après les monuments,
la tradition reçue, ou du moins la probabilité, consigne,
avec le titre des anciennes tragédies, les noms de leurs auteurs la date et les principales circonstances de leur
représentation, la lui attribuaient assez généralement*, et que, de leur témoignage, de bons esprits^ ont cru pouvoir légitimement conclure son authenticité. 11 est bien vrai qu'il y avait là-dessus des doutes de plasd'un genre. Quelques-uns l'ôtaient à Euripide, mais, ce n'était pas lui faire tort assurément, pour la donner à Sophocle, de
la manière duquel elle leur semblait s'approcher davantage * - par quelles raisons ? on ne nous les a pas transmises malheureusement, et nous ne pouvons guère les retrouver, bien que des modernes* aient eu la confiance
de se dire frappés de la même conformité. Des scolies assez récemment publiées d'après un manuscrit du Vatican % nous fout connaître* que Cratès excusait une inexactitude astronomique, remarquée dans cette pièce, en alléguant qu'elle était un ouvrage de la jeunesse d'Euripide C'est encore là un témoignage d'un grand poids, et
qu'on ne me paraît pas' avoir suffisamment infirmé par
2*. Voyer"Bœfkh, Grœc, trag. princ, xvui. Cf. Corpus inscript.
grœc, 1. 1, p. 350.
4 JorSuliger, Proleg. in Manil. (Voyez plus haut, p. 160, note 3- W. Schlegel, Cours de Littérature dramatique; surtout. Gruppe, ibid.)