‹ Études sur les tragiques grecs [microform]Chapitre 677 sur 893 · Sur cette victoire, voyez 1. 1, p. 41 sq · texte numérisé non relu

Sur cette victoire, voyez 1. 1, p. 41 sq

5 Entre autres Fr. Vater, J. A. Harlung, Th. Borel, précédemment

RHESUS.

Je m'abstiendrai, quant à moi, de choisir entre elles et remarquerai seulement qu'elles ont un point de départ commun, l'impossibilité d'attribuer le Rhésus à Euripide, et que cette impossibilité n'est peut-être pas aussi complètement démontrée qu'on le suppose. Il y a eu un parti pris d'exclure le Rhésus des œuvres d'Euripide, qui a fait traiter cette pauvre pièce à la rigueur, avec un esprit

contentieux, une animosité tracassière , une dureté, une

violence même de paroles, véritablement peu raisonnables. De simples dissertations littéraires sont devenues ainsi

des espèces de plaidoyers passionnés, de factums injurieux, et, par suite, l'ouvrage critiqué un opprimé dont

le littérateur de sang-froid est tenté de prendre la défense*. On a fait à cet ouvrage les reproches les plus contradictoires : pour l'un , il s'écartait trop d'Homère ; pour l'autre, il le suivait trop fidèlement; celui-ci le trouvait écrit sans art ; celui-là , au contraire , dans l'exactitude du mètre et le travail du style, voyait un indice évident de l'artifice d'un faussaire. Ce qu'il pouvait avoir de bon ou de passable, on ne lui en a pas tenu compte; on n'y a voulu voir absolument que des fautes grossières, que des défauts choquants; el cependant, je le crois, s'il

nous avait été donné comme venant incontestablement

d'Euripide, on aurait trouvé moyen de louer, ou tout au moins d'excuser beaucoup de choses qu'on y reprend.

Voici, par exemple, ce que Ton eût dit :

« Il est possible qu'Hector, lorsque, dans la première scène de la pièce, il croit si facilement aux projets de fuite des Grecs, et s'empresse si fort d'ordonner l'attaque, se montre plus irréfléchi qu'il ne le paraît dans l'Iliade. Mais lorsque ensuite il accueille les bonnes raisons d'Enée, bien qu'assez rudement présentées, il est tout à fait con-

1. Gruppe (tbid.) me paraît toutefois l'avoir par trop défendu. Il pèche par l'excès de l'éloge, comme les contempteurs systématiques du Rhésus, qu'il a quelquefois très-bien combattus, pèchent par l'excès du blâme. J'étendrais volontiers cette critique à

d'autres apologistes peut-être trop zélés de la pièce, à M. HartuDg, à M. Borel.

forme au héros d'Homère, qui quelquefois* s'irrite contre les conseils de Polydamas, qui d'autres fois ' s'y rend sans mot dire. Et cependant Polydamas ne prend pa? plus de soin qu'Énée de ménager son amour-propre: « Hector, lui dit-il, tu ne te rends guère aux avis : parce

qu'il t'a été donné d'exceller dans les travaux guerriers,

tu penses l'emporter aussi par le conseil. Mais tu ne peux avoir seul tous les avantages : à l'un les dieux accordent la gloire des travaux guerriers; dans le sein de l'autre Jupiter place ces prudentes résolutions qui font le salut des peuples".... » Voilà ce qu'écoute avec patience l'Hector de l'épopée, comme l'Hector de la tragédie, parce que le caractère de ce héros, également conservé dans l'une et dans l'autre, est d'unir à un bouillant courage une grande modération d'esprit. La même apologie peut être employée pour défendre la scène où le général des Troyens, après avoir exprimé vivement le mécontentement trèsnaturel, quoi qu'on en ait dit, que lui cause l'arrivée d'un allié qui vient au dernier moment partager avec lui l'honneur de la victoire, finit cependant, en homme sensé, et qui ne s'obstine pas contre la raison , par reconnaître qu'il aurait tort de ne point accepter le secours considérable qu'on apporte, un peu tard il est vrai, à ses concitoyens. Chez un homme d'un cœur si haut, si prompt,

cette facilité à suivre, après tout, le meilleur avis, devrait

paraître aimable, plaire, au lieu de choquer. On en peut

dire autant de la bonté magnanime avec laquelle il traite

plus loin son aveugle et opiniâtre accusateur, Téouyer de

Rhésus; il y a là certainement plus à louer qu'à blâmer. Restent donc deux passages où il a paru que ce rôle prêtait à la critique : quand Hector donne à Rhésus un témoignage deregr3's, en termes très-courts, très-simples, et qu'on a trouvés froids; quand enfin, au lever du jour, chassant de son esprit les funèbres images de celte nuit

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