Voyez 1. 1, p. 95 sj
3. Schol. hhes. v. 575. Cette dernière opinion est celle de M. Har-
tung (ihid., p. 5 sqq.), qui non-seulement place leJlhésus, chronologiquement, en tête de toutes les compositions d'Kuiipide, mais croit
pouvoir, d'après certai s indices, lui assigner une date piécise. Il lui paraît d'abord que la pièce doit être plus ancienne que la quatrième année de la lxxxv« olympiade. A cette époque, en effet, selon Polyen,
Stratagem. VI, 53, les Athéniens, fondant en Thrace Amphipolis, y firent transporter, d'après le conseil d'un oracle, les ossements du
héros, ensevelis dans la plaine de Troie^ circonstance que la tragédie
eût été mal venue à contredire, comme elle le fait v. 9.ô9. Mais à quelle époque antérieure peut-on, avec quelque vraisemblance, lairc remonter l'ouvrage? A la troisième année de la Lxxxviii* olympiade,
pense M. Hartung. C'est, seLn les historiens (Hérodot. , IX, 75 • Thu-
cydid., 1, 100, IV, 102, etc. Cf. Clinton, Fast. helîen. Append. jx De Amphipoli), le temps d'un gtand, mais infructueux effort, tenté par les Athéniens, pour s'établir en Thrace, et qui devait donner un intérêt de circonstance au sujet principal et à beaucoup de détails du Jîhéstis. M. Hartung s'ap^lliqlle à établir, par des calculs, qu'Euripide, encore loin de l'âge où il était permis de se produire au théâtre et cbligé de faire paraître son œuvre, comme cela était d'usage en pareil
tas, SOU le nom d'un autre, était alors dans cette dix-huitième année qu'Aulu-Gelle (Noct. att. XV, 20) assigne, d'après Théopompe, probablement, à ses premiers essais tragiques.
RHÉSUS. 179
ces archaïsmes du Rhésus, on en a faille compte* ; il y en a six qui ne se trouvent que là; une quarantaine dont le théâtre grec, tel que nous l'avons, n'offre point d'autres
exemples ; enfin un assez grand nombre qui se retrouvent
soit chez Eschyle, soit chez Sophocle, soit enfin, et pour moitié au moins, chez Euripide. Ne convient-il pas encore d'hésiter sur la conclusion à tirer de ces calculs ? Pourquoi attesteraient-ils l'industrie d'un compilateur
d'Euripide et des autres tragiques, plutôt que le libre
travail d'Euripide lui-même écrivant sa propre langue, celle des contemporains, ses rivaux, et, si le sentiment de Gratès est vrai, s'il a composé le Rhésus dans sa jeunesse ^ mêlant à son style quelques souvenirs d'Eschyle
et des vieux poètes, de même que notre Racine débutant employait volontiers des tours, des expressions de
Corneille?
En est-il ainsi? Je ne l'affirme point, mais je crois qu'on n'est guère en droit d'affirmer le contraire, et que le plus
sage est d'en rester sur ce point au doute que nous ont légué les anciens.
Que s'il fallait absolument chercher au Rhésus un autre
auteur qu'Euripide, une autre époque que celle de ce poète, je pencherais, je l'avoue, pour les opinions les plus
modérées, lesquelles se concilient assez bien ; celles de
Delrio, de Valckenaer, de Bœckh, qui, retirant la pièce
au grand Euripide, se cont-'ntent de la donner à son neveu, Euripide le jeune; celle de W. Schlegel, qui la croit l'œuvre d'un imitateur éclectique de Sophocle et
d'Euripide, un peu plus moderne seulement que l'un et
que l'autre; enfin celle de notre compatriote Hardion, qui,
en rapprochant quelque peu la date% y voit une de ces 1. Voyez Valckenaer, Morstadt; surtout God. Hermann, ibid. CL
Gruppe, ibid.
p. 313 sq., une opinion s:^mblat)le.
3. Une de ses raisons est l'allusion à la mort deSocrate, qu'il a cru y trouver. Voyez plus haut, p. 166, note 4.
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tragédies où les Athéniens du temps d'Isocrate, fort occupés, a dit cet orateur dans son Panégyrique, de l'idée de réunir toutes Jes forces de la Grèce contre les barbares,
se plaisaient au théâtre à contempler surtout les malheurs des Perses et des Troyens.
Quoi qu'il en soit de cette dernière conjecture, elle me
servira de transition pour passer à deux pièces d'Euripide
dans lesquelles domine visiblement une intention politique de ce genre, ses Suppliantes et ses Hèraclides,