Voyez t. I, p. 22G sq , 263, 32:3^ 344; II, 203 sq., etc
LES SUPPLIANTES. — LES HÊRACLIDES
les tragédies grecques , de l'hymen qui fit entrer Polynice dans la famille d' Adraste, de la guerre fameuse qui en fut la suite, et dont la triste issue amène aux pieds de Thésée, en attitude de suppliant, le puissant roi d'Ar^os. La prière par laquelle il termine est aussi noble
que ""touchante : il ne perd rien de sa dignité en
s'abaissant.
Servala precanti
Majestas non fracta maUs *.
« 0 le plus vaillant des Grecs, ô chef des Athéniens, ce n'est pas sans rougir que je me prosterne devant toi, dans la poussière que j'embrasse tes genoux, moi, vieillard, et roi jadis heureux. Mais il faut céder à mon sort, à la nécessité. Protège ces morts qui m'appartiennent; prends pitié de moi et aussi de ces mères malheureuses dont la vieiUesse va s'achever dans la solitude. Elles n'ont pas craint de se rendre elles-mêmes en ce lieu, de marcher vers la terre étrangère, traînant avec
peine leur corps appesanti par Tâge ; tristes messa«?eres, qui ne viennent point pour célébrer les mystères de Cérès, mais
pour ensevelir, s'il est possible, ceux qui, dans l'ordre de la nature, devaient leur rendre ce dernier devoir ^ »
Ici le poète coupe bien malheureusement la parole au personnage pour amener, on ne sait comment, à la suite de quelques maximes, ce trait qui lui est tout personnel, et l'un de ceux probablement dont Plutarque * lui a reproché l'insupportable égoïsme :
« Il faut que le poëte, lorsqu'il enfante ses chants, les enfante au sein de la joie. Autrement, en proie lui-même au chagrin, pourrait-il charmer les autres? serail-il juste de Texiger^? »
Adraste finit par des considérations qui sont plus dans le sujet, qui doivent en même temps concilier à son malheur l'appui de Thésée et à la pièce la faveur du public athénien. S'il réclame l'appui d'Athènes, plutôt que des