Voyez notre t. II, p
LES SUPPLIANTES. — LES HERACLIDES
disparaît au milieu des lieux communs épiques de toutes sortes, dénombrements d'armées, descriptions d'armes, détails de combats et de blessures, qu'il s'arrête à développer curieusement, prétentieusement ; les scènes s'y tournenten harangues ampoulées, où la douleur d'Evadné, interprète des Suppliantes , et la générosité de Thésée, ne deviennent pas moins déclamatoires que l'inhumanité de Créon. Il ne manque cependant pas, on doit le dire aussi, dans cette transformation, de beaux traits, et même de morceaux frappants. Telles sont ces paroles de Thésée
immolant Gréon:
€ Te plaît-il enfin d'accorder à tes ennemis morts les justes honneurs du bûcher, aux vaincus la terre du tombeau? Va recevoir aux enfers ton châtiment, sans souci toutefois de ta sépulture. »
Vade atra dature Supplicia, extremique tamen secure sepulcri'.
Telle est surtout cette tirade, le plus beau passage, je crois, le moins mêlé de faux goût du poëme, sur lautel
delà Clémence, de la Pitié 2, vers lequel le poëte a eu l'heureuse idée, l'idée tragique, qu'eiit enviée le pathétique Euripide, de conduire ses Suppliantes :
c Au centre de la ville était un autel dont on n'avait honoré aucun des dieux puissants du ciel. La douce Clémence y a fixé son séjour et les malheureux Pont consacré. Jamais il n'est sans suppliants; il ne repousse aucun vœu. Là sont entendus tous ceux qui prient; le jour, la nuit, on en peut approcher et y