CHAPITRE DIX-NEUVIÈME
Continiisttion dn niûme sujet.
Le moule dramatique dans lequel Euripide avait jeté ses Suppliâmes, il y a aussi, à une autre époque, pour une autre occasion, jeté un autre sujet, celui de ses //cmclides. Si Ton peut s'étonner du sans-façon qui lui a fait reproduire, au bout de quelques années, une combinaison presque absolument pareille de personnages, de situations, dc tableaux, il y a lieu aussi d'admirer la singulière
flexibilité d'esprit et de talent, qui a su l'accommoder à des circonstances contraires, à un ordre différent d'aventures. La seconde pièce, en effet, est aussi hostile aux
Argiens que la première leur était favorable, et la générosité d'Athènes, toujours égale à elle-même en toute occurrence, s'y exerce envers de nouveaux suppliants; non plus les mères, les fils des guerriers morts sous les murs de Thèbes et barbarement privés de sépulture, mais la famille, la postérité d'Hercule, que poursuit, depuis la mort du héros, par toute la Grèce, l'impitoyable
Eurvsthée.
Cette troupe errante s'est arrêtée à Marathon*, lune des villes qui composent la Tétiapole^, partie dc l'Attique échue en héritage' à l'un des deux fils de Thésée,
2! v; 80*. Cf. Aristoph., hnistr., 285, schol; Diod Sic, IV, 57; XII 45; sclio!. Soph. atl Œd. Col., 689; Strabon, VIII, etc. Voyez Mus'grave, ad. v. 36; Raoul-Rocliette, Thédlre des Grecs, édiUon de 1821,1 IX, p. 414.