‹ Études sur les tragiques grecs [microform]Chapitre 703 sur 893 · V. 36. Cf · texte numérisé non relu

V. 36. Cf

Démophon^.Elle s'y est réfugiée dans le temple de Jupiter*. Elle a enfin trouvé un' asile doublement domestique, si on peut le dire, auprès d'un roi parent des Héraclides, d'un dieu leur aïeul. Deux vieillards, qui, succombant au poids de 1 âge et du malheur, auraient besoin eux-mêmes de soutiens et de protecteurs, ont guidé la fuite de ces malheureux enfants, et veillent

sur eux. Autour d'Alcmène sont rassemblées les filles, dans l'intérieur du temple ; près de l'autel extérieur se pressent les fils, non pas tous : ceux à qui leur âge permet déjà des soins virils, et à leur tète Hyllus, sont en quête d'un nouveau lieu de refuge qui reçoive les exilés, si la protection d'Athènes vesait à leur manquer. Les plus jeunes cependant restent sous la garde d'Iolas, neveu d'Hercule, qui autrefois s'est dévoué seul à partager ses périls, conduisant son char, portant ses armes, combattant avec lui*, et maintenant, tout vieux et cassé

qu'il est, se dévoue à la défense de sa postérité. C'est

lolas qui est chargé du prologue, office dont il ne s'acquitte pas sans arriver bientôt d'un début sentencieux \ et de la préface qui le suit, à cette expression déjà dramatique de son noble caractère et de sa tragique situation :

«... Exilés, je partage leur exil ; malheureux, leur malheur. Je rougirais de les abandonner et que Ton pût dire : Voyez ! ces enfants n'ont plus de père, et lolas, leur parent, ne prend pas leur défense ^'...

« .... O mes enfants, mes enfants, venez près de moi et

attachez-vous à mes vêtements. Je vois s'approcher le hôraut d'Eurysthée, celui qui nous poursuit, qui nous chasse partout

1. D'autre? traditions faisaient arriver les Héraclides dans l'Atlique du vivant de Thésée. Voyez Diod. Sic, 1V,57; Pausan.,i«., xxxii,etc.

2. Apollodore (BibL, II, 8) et d'autres disent que les Héraclides se réfugièrent à Tautel de la Pitié. Voyez la note de Barnès sur le v. 79, OÙ il cherche à mettre d'accord les deux traditions. Voyez aussi ce qui a été dit précédemment de l'autel de la Pitié, p. 203 sq.

3. V. 6 sqq., 86 sqq., 215 etc. Cf. Hesiod., Scut. Herc , v. 77, etc.

4. On peut le rapprocher de celui du P/ti7oc?èfe, chez le mômepoëte.

Voyez t. II, p. 132.

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