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LES SUPPLIANTES. — LES HÉRACLIDES
devant lui. Homme odieux, puisses -tu périr et celui qui t'envoie! C'est toi qui, de cette même bouche, as dénoncé tant d'ordres cruels à leur généreux père '. »
Ce ministre du tyran d'Argos, c'est Coprée, nom qui n'est pas prononcé dans la pièce, mais qu'a fourni Homère à la liste des personnages, par ces vers louchants de l'Iliade^ où il peint l'excellent fils d'un si méchant père expirant, à la vue de ses compagnons épouvantés et attendris, sous la lance d'Hector. Une violence brutale, le mépris du droit, du malheur, de la faiblesse, des discours dune arrogance à laquelle rien n'impose, tels sont les traits qui caractérisent Coprée. Euripide les a exprimés avec énergie, et non sans variété, dans une suite de scènes où il le peint, d'abord insultant à la débilité d'Iolas, qu'il renverse et foule aux pieds, pour aller arracher de l'aulcl ses jeunes victimes; puis, s'expliquant avec dédain devant les vieux citoyens de Marathon, accourus aux cris de détresse que pousse le protecteur impuissant des Héraclides, le suppliant insulté d'Athènes et de Jupiter; bravant enfin insolemment jusqu'à la majesté royale dans la personne de Démophon, lorsque le fils de Thésée, le souverain de la Tétrapole, attiré luimême, avec son frère Acamas', par cette scène de désordre, vientlui demander compte de sa conduite, indigne de l'habit grec qu'il porte, et convenable seulement à un barbare. H est, répond-il, Argicn; il réclame justement des fugitifs qu'Argos a condamnés au supplice. Athènes
n'osera point ce que nul peuple n'a osé, se compromettre pour leur cause. Si elle les livre, ou du moins refuse de les accueillir , elle s'acquiert l'alliance du puissant Eurysthée ; autrement, elle s'expose à sa vengeance, qui ne se fera pas attendre. Et pour qui encore son roi lui ferait-il courir ce danger, et mériterait-il ainsi sa colère? pour un vieillardqui n'est déjà plus qu'une ombre, pour des enfants
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