V. 291 sqq. Cf. Supp., 402 sqq
LES SUPPÎ.TANTES. — LES IlÉRACLIDES. 213
cette observation*, que leur nombre, de quatre seulement, rendait plus facile et plus naturelle l'application a cette pièce de la division en cinq actes.
lolas voit revenir Démophon et lit d'avance dans ses
rec^ards quelle triste nouvelle il apporte. Le roi d'Argos,
posté avec ses troupes sur une colline qui domine la plamii
de Marathon, était en vue de l'armée athénienne prête a
le recevoir. Dans l'attente du combat on se hâtait d'amener les victimes qui devaient rendre les dieux favorables,
et tous les devins rassemblés par ordre du roi interrogeaient avec lui les anciens oracles, tant connus que secrMs auxquels est attaché le salut de l'Etat. Or, dans tous 'on a vu qu'il n'était pas permis de compter sur la victo'ire, SI l'on n'immolait d'abord à Proserpine ' une
fille née d'un noble père. Cette victime, Démophon, quelque dévoué qu'il soit à la cause des Héraclides, ne la
prendra certainement pas dans sa famille ; il n'imposera
non plus à aucun de ses concitoyens un sacrifice qui révolterait tout homme de sens. Et déjà le peuple ému se
divise en partis contraires, les uns approuvant ce que le roi a fait pour des étrangers suppliants, les autres blâmant son imprudence. On touche à la guerre civile, qu'il est urgent de prévenir. Qu'Iolas voie donc s'il peut trouver quelque moyen de sauver à la fois et ceux qui l'intéressent,
et Athènes elle-même, de rétablir l'harmonie troublée
entre le prince et ses sujets: car, dit en finissant Démophon (cela contraste avec les maximes despotiques professées dans la tragédie des Perses'), le pouvoir qu'il exerce n est pas celui des rois barbares ; il faut qu'il agisse
justement pour être traité de même*.
Cette déclaration, quelque adoucie qu'elle soit par la
délicatesse vraiment remarquable et remarquée* qu'y
apporte Démophon, est bien pénible à entendre, et elle