Voyez Brumoy, Prévost
produit, dans la situation des Héraclides, une révolution, une péripétie, à la beauté du "laquelle on dirait qu'Euripide lui-même, prévenant le suffrage du public et les éloges de la critique, a voulu rendre hommage par les premières paroles qu'il prête à son lolas. Le malheureux
vieillard se compare, lui et les siens, à des nautonniers qui, battus de la tempête, vont gagner le rivage, quand tout à coup un vent contraire les en repousse*. Au milieu des regrets, bien touchants, qu'il donne, non p3S à son propre sort, il y est indifférent, mais à celui de cette famille qu'il voulait, qu'il espérait sauver, à ses efforts inutiles,
à son attente trompée, un moyen de salut semble lui apparaître. Si le roi d'Athènes le livrait aux Argiens; c'est lui surtout, le compagnon d'armes d'Hercule, qu'Eurysthée, dans son ressentiment, souhaiterait avoir entre ses mains. Hélas I il le croit ou tâche de le croire. Déraophon n'a pas de peine à lui faire comprendre qu'Eurysthée est bien plus jaloux de tenir en sa puissance ces jeunes fils du héros chez qui doit vivre et grandir le souvenir de ses outrages et le désir de la vengeance, lolas s'entend dire de nouveau, ou plutôt (c'est
Euripide lui-même qui le remarque un peu plus loin^,
avertissant ingénieusement le spectateur d'une beauté qui eût pu lui échapper) les ménagements déhcats de Démophon l'amènent à se dire que, s'il n'imagine rien de plus praticable, de plus efficace, il lui faudra songer sans
délai à un autre asile.
En ce moment de détresse, d'anxiété, amené, prolongé si habilement, le temple de Jupiter, devant lequel, on ne Ta pas oublié, a lieu l'action, s'ouvre tout à coup, et il en sort l'aînée des hlles d'Hercule. Elle est^ comme l'aîné de ses fils, Hyllus, dont il sera aussi fort question dans la
pièce, le fruit de son union avec Déjanire ; quant à son nom qui ne se trouve pas plus chez Euripide que celui de Goprée', les éditeurs anciens du poète l'ont de môme em-