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LES SUPPLIANTES. — LES HÉRACLIDES

nrunté à la tradition mythologique. H y avait dans le bourg de Marathon une fontaine de Macarie, ainsi nommée en souvenir de cette héroïque tille V

Macarie s'excuse d'abord de manquer, en se présentant ainsi librement devant des hommes, aux bienséances

de son sexe. Mais de l'intérieur du temple où elle était,

on s'en souvient aussi, avec ses sœurs, sous la garde de leur aïeule Alcmène, elle a entendu les gémissements

d'Iolas • elle a hâte de savoir de lui quel nouveau malheur menace la race d'Hercule. lolas ne lui laisse pas icrnorer à quel prix d'inflexibles oracles mettent la victoire dans laquelle est toute leur espérance. Elle répond à cette confidence en se désignant elle même pour victime, avec

une soudaineté, une fermeté de résolution, une force de

raison, une hauteur de sentiments, une chaleur d'enthousiasme, qui émeuvent et transportent. Il faut la laisser parler elle-même :

Ne crains p^us les lances (rArgos. De moi-même, ô yieillard, avant d'y être contrainte, je me présente pour mourir, j otlre ma tète au fer. Pourrions-nous, en effet, quana cette ville brave volontairement pour nous les plus grands dangers, laisser aux autres la peine, et, pouvant assurer notre salut chercher seulement à ne pas mourir? Non certes; on rirait de nous, et justement, si, ne sachant que gémir en suppliants au pied des autels, nous montrions, enfants d'un tel père, tant de faiblesse.

En quels lieux cette lâche conduite pourrait-elle être approuvée'' Peul-être je ferais mieux d'attendre que cette ville étant, ce qu'aux dieux ne plaise, prise par Tennemi, jetombasse moimême en ses mains, afin sans doute qu ayant subi, lille d un héros, ses outrages, je n'en finisse pas moins par aller voir Pluton? Mais si, échappée de cette terre, j'errais de nouveau par la Grèce, ne rougirais-je pas de honte, lorsque j entendrais dire : . Que venez-vous chercher ici avec vos rameaux et vos t bandelettes, lâches, trop épris de la vie? Quittez a 1 instant a cette terre; ce n'est point à des lâches que nous accordons (T notre secours. » Je n'aurais pas même, si je les laissais périr,

et me sauvais seule, cet espoir d'un heureux avenir, qui trop

souvent a fait trahir des amis. Qui voudrait d une ^iie sans famille, abandonnée, pour en faire sa femme, pour avoir d elle des enfants? Ne vaut-il pas mieux mourir que de tomber dans

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