‹ Études sur les tragiques grecs [microform]Chapitre 712 sur 893 · Soyez t. JII, p. 38 sq · texte numérisé non relu

Soyez t. JII, p. 38 sq

LES SUPPLIANTES. — LES IlERACLIDES.

artistes de l'antiquité ont représentée avec charme comme

la dernière pensée de leurs héroïnes*, elle veut que le vieillard soit là, quand elle tombera sous le couteau sacré, pour jeter un voile sur son corps. Gomme il s'en défend, n'ayant pas, dit-il, la force de la voir moiirir, elle se borne à lui demander qu'il lui obtienne du roi d'Athènes la grâce d'exhaler sa vie entre les mains de femmes, loin du reo-ard des hommes. C'est alors, seulement alors, cela m^est bien évident, que Démophon* reprend la parole pour l'assurer qu'il ne manquera envers elle à rien de ce que lui prescrivent l'honnêteté, la justice, son admiration

pour tant de courage. Il la loue en quelques paroles simples, mais expressives, et puis il remplit l'austère devoir de l'avertir qu'il est temps qu'elle adresse à ce qu'elle

aime ses dernières paroles. Alors commencent des adieux, d une tendresse passionnée, d'une mélancolique tristesse, où s'amollit par intervalle cette grande âme, touchée de ce qu'elle quitte, troublée de ce qu'elle va chercher dans un monde inconnu.

« Adieu, vieillard, adieu! Charge-toi d'élever ces enfants, de les rendre en tout sages comme toi-nieir,e, rien déplus; n'estce point assez? Tâche de les conserver, et pour cela ne te haie point de mourir: nous sommes tes enfants; c'est ce tes mains que nous fûmes nourris. Moi-même, tu le vois, dans la saison de rhvmen, je leur donne ma vie, je meurs pour eux. Et vous,

mes frères, dont la foule m'entoure, soyez heureux, et que puissent ne pas vous manquer ces biens que vous doit assurer mon sang répandu à Taulel. Ce vieillard, cette femme chargée d'années, qui est là dans le temple, la mère de notre pè;e, Alcniène, honorez-les; honorez ces étrangers. Quand vous aurez trouvé, par la volonté des dieux, la tin de vos disgrâces, que vous serez rentrés dans votre patrie, ne perdez pomt le souvenir de celle qui vous aura sauvés ; prenez soin de lui éleverun tombeau, un tombeau superbe, cela est juste ; car je ne vous ai

point failli, je meurs pour ma famille*. Ce monument me

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