‹ Études sur les tragiques grecs [microform]Chapitre 713 sur 893 · V. Non, comme chez Brumoy et autres, lolas · texte numérisé non relu

V. Non, comme chez Brumoy et autres, lolas

3. Celte orgueilleuse approbation rie soi-même, Euripide 1 a prêtée à

une auue héroïne, Alceste mourant pour son époux. Voyez notrj

. m, p. 205 sqq.

tiendra lieu d'enfants et d'iiy menée, s'il reste er.core sous la terre quelque sentiment. Oh ! quMl n'en soit pas ainsi ! que hors de ce mortel séjour nous ne retrouvions pas nos peines ! Quel serait alors notre refuge? La mort ne serait plus, comme on le

dit. le souverain remèile de tous les maux'. » Quelques paroles d'Iolas qui, par crainte religieuse,

précipite une trop douloureuse séparation, et va s'asseoir,

accablé, et la tête cachée dans son manteau, au pied de l'autel; deux strophes dans lesquelles le chœur l'exhorte à la soumission envers les dieux arbitres souverains de notre

destinée, et s'efforce de détourner sa pensée vers la considération de la gloire dont se couronne en mourant lanoble

enfant qui lui est ravie, voilà par quoi se termine ce qui, dans les anciennes éditions et traductions do la pièce, en formait le second acte.

La partie que j'ai analysée jusquici peut être considérée comme une tragédie à part, beaucoup plus longue que celle qui va suivre et, quoique celle-ci ne soit pas, à beaucoup près, sans beautés, beaucoup plus frappante. Cette fois encore il est arrivé à Euripide d'épuiser en

commençant sa force tragique, de prodiguer dès l'abord l'intérêt des situations, des péripéties, la pitié, la terreur,

l'admiration, pour laisser ensuite son drame se refroidir, par degrés, jusqu'au dénoûment. Nous ne tremblerons plus pour les enfants d'Hercule désormais hors de danger. Macarie (c'est là le défaut capital de l'ouvrage, celui qui lui est le plus généralement reproché'), Macarie, dont le dévouement nous a tant émus et élevés, il n'en sera plus question. Démophon ne reviendra point de son armée,

lolas ira l'y rejoindre, la scène restée vide ne sera guère

remplie que par des récits, et les nouveaux personnages qui s'y montreront, Alcmènc, Eurysthée, ne dédommageront point de ceux qu'elle aura perdus. Si la première moitié de la pièce se prêtait à être distribuée en deux actes, on ne pourrait en faire trois de la seconde, sans

Page 1