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Cependant l'esclave d'Hyllus parle de repartir; avantque la bataille commence, il veut être auprès de son
jeune maître. lolas alors déclare que lui-même s'y trouvera. En vain Fesclavc, avec une familiarité quelquefois
respectueuse, quelquefois légèrement ironique, le chœur
avec l'expression d'une admiration compatissante, lui
rappellent son âge, sa faiblesse, son impuissance; en vain
jAlcmène le conjure de ne pas l'exposer à rester seule
jchargée de ces orphelins dont il était surtout l'appui;
lolas demeure inébranlable : il ne manquera pas aux
siens dans une épreuve si décisive ; il paraîtra une fois encore parmi les guerriers, il honorera par un dernier fait
d'armes ses derniers jours. A sa juvénile ardeur, en un
corps tout cassé, conviendrait la comparaison fameuse tirée par Sophocle du coursier vieillissant, « dont les années n'ont pu glacer le sang généreux, et qui, dans le péril, dresse encore l'oreille*. » Par son ordre on détache du temple de Jupiter des armes consacrées au dieu, et qu'il lui restituera fidèlement, s'il échappe à la mort.
Il les fait emporter pour s'ea revêtir au moment de l'action; et, appuyé sur une lance, soutenu par l'esclave, il se met en route, hâtant de son mieux sa marche tremblante, et non sans craindre le présage fâcheux de quelque faux pas'^. Tout en avançant, bien lentement au gré
de son guide et au sien, il rappelle, avec orgueil et avec
regret, ce qu'il était dans le temps de sajeunesse, quand il combattait à côté d'Hercule. C'est Nestor qui vante
avec complaisance sa force, sa valeur d'autrefois*; c'est Evandre qui les pleure*; c'est Priam armant d'un trait
qu'elle ne peut plus lancer sa débile main^. Il s'y trouve
quelque autre chose encore, qui appartient au génie particulier d'Euripide, le contraste plus marqué peut-être
qu'il n'appartiendrait à la tragédie, de la jactance guerrière avec les misères de la caducité. Euripide est un