‹ Études sur les tragiques grecs [microform]Chapitre 715 sur 893 · V. 816 sq · texte numérisé non relu

V. 816 sq

Cependant l'esclave d'Hyllus parle de repartir; avantque la bataille commence, il veut être auprès de son

jeune maître. lolas alors déclare que lui-même s'y trouvera. En vain Fesclavc, avec une familiarité quelquefois

respectueuse, quelquefois légèrement ironique, le chœur

avec l'expression d'une admiration compatissante, lui

rappellent son âge, sa faiblesse, son impuissance; en vain

jAlcmène le conjure de ne pas l'exposer à rester seule

jchargée de ces orphelins dont il était surtout l'appui;

lolas demeure inébranlable : il ne manquera pas aux

siens dans une épreuve si décisive ; il paraîtra une fois encore parmi les guerriers, il honorera par un dernier fait

d'armes ses derniers jours. A sa juvénile ardeur, en un

corps tout cassé, conviendrait la comparaison fameuse tirée par Sophocle du coursier vieillissant, « dont les années n'ont pu glacer le sang généreux, et qui, dans le péril, dresse encore l'oreille*. » Par son ordre on détache du temple de Jupiter des armes consacrées au dieu, et qu'il lui restituera fidèlement, s'il échappe à la mort.

Il les fait emporter pour s'ea revêtir au moment de l'action; et, appuyé sur une lance, soutenu par l'esclave, il se met en route, hâtant de son mieux sa marche tremblante, et non sans craindre le présage fâcheux de quelque faux pas'^. Tout en avançant, bien lentement au gré

de son guide et au sien, il rappelle, avec orgueil et avec

regret, ce qu'il était dans le temps de sajeunesse, quand il combattait à côté d'Hercule. C'est Nestor qui vante

avec complaisance sa force, sa valeur d'autrefois*; c'est Evandre qui les pleure*; c'est Priam armant d'un trait

qu'elle ne peut plus lancer sa débile main^. Il s'y trouve

quelque autre chose encore, qui appartient au génie particulier d'Euripide, le contraste plus marqué peut-être

qu'il n'appartiendrait à la tragédie, de la jactance guerrière avec les misères de la caducité. Euripide est un

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