Heath, Beck, Elmsley
d*une erreur de copiste, se vengeant encore par delà le trépas, elle condamne ses restes à devenir la pâture des chiens, peu s'en faut qu'on ne prenne parti contre elle, pour celui qui fut si longtemps et si cruellement l'oppresseur de sa famille. Celui-ci d'ailleurs défend assez dignement, du moins en apparence, sa vie menacée. Il ne
souhaite pas, dit-il, il ne craint pas de la perdre ; mais elle lui a été laissée par ses vainqueurs ^ on ne peut, sans se rendre coupable, la lui ravir. Ensuite, ce qu'il a fait contre Hercule, Junon l'avait ordonné ; ce qu'il a fait contre les enfants d'Hercule, sa propre sûreté le voulait. Cette justification, qui n'est pas présentée sans habileté, à laquelle même est mêlé sans affectation, du ton le plus sincère, l'éloge du héros, ne peut rien pour ce malheureux, irrévocablement condamné. Le chœur lui-même ne le défend plus qu'à demi quand il a appris que sa mort
pouvait être à Athènes de quelque utilité. Eurysthée, en effet, par reconnaissance pour ceux qui voulaient le sauver, leur révèle un ancien oracle qui regarde sa sépulture. Pendant de longues années, il n'en a pas tenu compte, confiant dans la protection de Junon ; mais il est bien forcé maintenant de croire à son infaillibilité. D'après cet oracle, son corps enseveli dans le bourg de Pallène', celui précisément non loin duquel il est tombé entre les mains d'Iolas % doit être pour Athènes un gage de victoire contre les Argiens, les Héraclides, si jamais,
ce qui arrivera certainement, oubliant ses bienfaits, ils lui devenaient ennemis. La pièce finit, non sans raison,
sans dessein, par ce détail qui se rattache à l'intérêt poli • tique et présent du sujet.
Cet intérêt, ce sujet distinguent suffisamment la tragédie qui nous occupe de la précédente avec laquelle elle
a, je l'ai dit en commençant, c'est le moment d'y revenir, pour la disposition générale du plan, une si grande conformité. Dans toutes deux, en effet, on voit des suppliants