Voyez t. II, p 363 sqq
LES SUPPLIANTES. — LES HERACLIDES
Tout y roule, cela est vraiment extravagant et misérable, sur la passion d'Astérie pour Hyllus, qu'elle ne sait pas être son frère ; sur sa jalousie contre Laodice, fille de Démophon, dont Hyllus est épris; sur la méprise qui, lui faisant croire Hyllus mort, la décide elle-même à se
tuer. Le roman de Marmontel est plus raisonnable ; il ne
manque même pas d'intérêt, et La Harpe, peu favorable aux tragédies de l'auteur, en a fait ressortir, dans une
assez longue analyse, à laquelle je renvoie*, l'ingénieuse conduite. On peut regretter seulement que l'exemple de
Voltaire, qui, tout récemment, en 1750, avait cherché dans son Oreste à se rapprocher de la simplicité grecque^, ne le lui ait pas fait abandonner. Il se fût épargné la
peine fort inutile d'en tirer une tragédie qui ne pouvait
rester, quand bien même le succès n'en eut pas été compromis par le pathétique aviné de Mlle Dumcsnil ' ;
une tragédie que l'on avait déjà, quoi qu'en ait dit Marmontel*, en grande partie, et d'un autre ton, d'un autre
style, dans l'Iphigénie en Aulide de Racine. A travers la différence des sujets et des situations, le public aperçut fort bien cette conformité doublement fâcheuse qui, sous les noms nouveaux de Déjanire, d'Olympie, de Sthénélus, lui rendait trop et trop peu de la Glytemnestre, de l'Iphigénie, de l'Achille, exprimés en traits ineffaçables par le
grand poëtc. Voici du reste très-sommairement la fable de Marmontel : réfugiée, avec les autres enfants d'Hercule,
chez les Athéniens, Olympie a inspiré au fils de Démophon, Sthénélus, une passion qu'elle partage et qui lui
donne, dans le jeune prince, un intercesseur puissant
auprès du roi et du peuple d'Athènes, un zélé et vaillant
défenseur contre les intrigues et les armes d'Eurysthée. Cependant elle est informée de la condition mise par un oracle, encore secret, au salut de sa famille, aux succès de ses protecteurs ; elle s'offre et se fait accepter pour