‹ Études sur les tragiques grecs [microform]Chapitre 736 sur 893 · T/ie6.,IV,o65sqq · texte numérisé non relu

T/ie6.,IV,o65sqq

IH. On en peut dire autant, je crois, de l'apologie qu'en a faite en

'•833 G. H. Meyer, daus la dissertation citée plus haut, p. 410.

Ih

D'où vient entre les anciens et les modernes un tel désaccord? De la diversité du point de vue. Nous sommes,

nous, dans te Bacclianles, moins charmés de la forme que

blessés du fond, pour lequel les anciens étaient et devaient être indulgents. Une divinité toute sensuelle, une

divinité qui se venge, et si cruellement, ne les révoltaient

point : le poëte avait dû les accepter de la tradition*; ils les acceptaient du poëte sans difficulté, à la condition toutefois que, de cette fable consacrée, il saurait tirer des effets touchants, terribles, poétiques. Nous sommes loin d'apporter au jugement de Tœuvre d'Euripide une disposition semblable, de pouvoir nous détacher aussi complètement de ce qu'elle exprime, pour ne songer qu'à

l'expression elle-même.

Il faut cependant être juste envers Euripide et penser

qu'il apercevait, à peu près aussi bien que nous, ce qu'il

y avait de déraisonnable, de choquant dans la légende qu'après, avant tant d'autres, et comme eux, sauf des différences d'exécution, il transportait sur la scène. (Jette légende était placée sous la garde de la religion, adoptée par la dévotion populaire, vivante en quelque sorte, nonseulement dans les représentations de l'art ^ mais dans

des monuments regardés comme authentiques. Ne voyaiton pas, ne révérait-on pas, sur une place de Gorintne,

deux Statues de Bacchus, fabriquée avec le bois même

de l'arbre du Githéron, où s'était placé Penihée pour observer les mystères secrets des Bacchantes'? Euripide, après Eschyle et d'après lui*, composa sa tragédie sur des données de leur nature invariables, en quelque sorte .inviolables , soustraites à la libre disposition de l'écrivain, comme aussi au contrôle de la critique ; il ne se proposa, c'était son droit, dont il serait injuste de lui

demander compte aujourd'hui, que d'en tirer littéraiie-

1. Voyez Nonn., Dionys., XLIV, XLV, XLVl; ApolloU., Bibl., lll, V. 2; Hygin., Fah. clxxxiv, etc.

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