Arislopb., gramm. in Bacch
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LES BACCHANTES
mont le meilleur parti possible, leur témoignant, par la consécration nouvelle qu'el-les recevaient de son art, une
déférence officielle, et se permettant sans doute de les juger, à part lui, ce qu'elles valaient.
I ^ Cette situation un peu équivoque, qui fut toujours celle
d'Euripide*, s'exerçant, avec une conviction apparente,
sur des sujets réprouvés par sa raison, ne semble-t-il pas qu'elle se trahisse dans des paroles qu'il prête à un personnage de ses Bacchantes, mais où c'est lui-même qui s'explique, on l'aremarqué^ et cela est bien évident, car il y appelle antiques croyances ce qui précisément s'établit dans sa pièce.
« Je ne dispute pas sur les dieux. Ces traditions des ancêtres,
contemporaines des plus vieux âges, quel raisonnement les
pourrait ébranler? que trouveraient contre elles les plus grands
esprils'? »
C'est là un langage assez semblable à celui d'Horace, lorsque, faisant amende honorable de son incrédulité, il
se dit sage d'une fausse sagesse, « insapientis sàpien-
« tiœ consultus*; » à celui de Tacite, lorsqu'il prétend que, sur les actes des dieux, il est plus religieux, plus repectueux de croire que de savoir : « Sanctius est ac re-
« verentius de actis deorum credere quam scire\ » Les
Uacckantes ne manquent pas de passages^ où Euripide
oppose encore de même, aux témérités sceptiques du libre penser, la docilité de la foi. Par là je ne pense pas
qu'il ait l'intention, comme on l'a prétendu \ de faire une allusion , qui serait peu généreuse , aux irrévérences, chèrement payées, d'Alcibiade; je pense plutôt, avec d'autres*, qu'il veut se mettre à couvert contre les accu-