Ibid.y t. II, p. 10 sqq
3. .le suis une distinclion proposée par Musgrave, et qui sauve le tIesorJre géographique reproché à cetie énuméralion par Slrabon,
tlV. km
Bacchantes, leurs demeures pour aller errer dans les solitudes du Githé^on^ Il va les y rejoindre, et cependant
appelle sur la scène de jeunes Lydiennes, servantes volontaires et passionnées de Bacchus, qui ont suivi, à ce qu'elles pensent, un de ses prêtres, et lui-même en réalité. Il leur ordonne de faire retentir au seuil même du j^alais dePenthée, avec le bruit de leurs tambours sacrés, leurs chants religieux. Elles obéissent, et, dans des Strophes d'une audace, d'un emportement, d'un désordre
dithyrambique, elles proclament le nouveau dieu, rappelant les merveilles de sa naissance, expliquant les rapports de son culte avec ceux de Jupiter et de Gybèle, peignant sa propagation rapide sur la terre, son passage
d'Asie en Europe; enfin, par le tableau le plus animé de ses saintes extases, de ses entraînantes orgies, tableau
qu'accompagnaient sans doute une expressive pantomime, une danse tumultueuse, elles y convient hautement le peuple thébain. Cette magnifique introduction dont se sont quelquefois souvenus, je l'indiquerai en note, les grands poètes latins, est un morceau trop caractérislique
pour ne le point citer, bien que les dégradations du texte,
qui en ont redoublé l'obscurité primitive, le rendent
difficile à entendre, et qu'il ne soit pas plus facile à traduire.
1. V. 35 sqq. A ce passage du prologue paraissent se rapporter quelques-uns des rares débris des Bacchantes d'Attius :
Deinde omnes, slirpe cum incluta Cadraeïde, Tumultu percitafae, matrons vagant.
(NON., V. Vagas.)
Et nunc silvicolœ, ignota invisentes loca.
(Macrob., Sat.f VI, 5.) Ubt sanctu' Cithaeroii
Frondet vidirantibu' fœtis.
(Non., V. Faetis.)
• Alasuitedes illustres filles deCadmus, se sont précipitées en tumulte toutes les dames de Thèbes.... et maintenant, retirées dans des s(Jîitudes ignorées, elles habitent les bois.... en ces lieux où ST couvrent (fe verts feuillages les sommets sacrés du Citheron.... »
Voyez au sujet des fragments de cette pièce, sur le texte desquels on n'est pas toujours d'accord, Bothe, Poet. latin. y scenic, 1853, p. 187 sqq.; 0. Ribbeck, ibid., p. 140 ^qq., 335 sqq.
LES BACCHANTES
c Des régions asiatiques, des hauteurs du Tmolus, doux travail ! aimable fatigue 1 j'ai, pour le service de Bromius, précipité ma course, célébrant les louanges du dieu. Qui est là, qui est là, dans ces rues, dans ces maisons? Qu'on s'écarte, que
chacun commande à sa langue un silence religieux! Je vais, selon les saintes lois, entonner l'hymme de Bacchus *.
a Oh! bienheureux le mortel qui, instruit dans la science sacrée, et s'abandonnant sur les montagnes à de pieux transports, purifie sa vie, sanctifie son ûme ; qui célèbre les vénérables orgies de la grande déesse, Gybèle, ou bien, le thyrse en main, la tète couronnée de lierre, se consacre au service de Bacchus! Allez, Bacchantes, allez; Bromius, Dionysus, ce dieu enfant d'un dieu, amenez-le des montagnes de la Phrygie
dans les vastes villes de la Grèce.
a Surprise des douleurs de Tenfantement, au moment où
volaient vers elle ces foudres de Jupiter qui devaient la frapper d'un coup mortel, sa mère le rejeta de son sein; mais le iîls de Saturne le reçut, et, pour le soustraire à Junon, le cacha dans sa cuisse que refermèrent des agrafes d'or. Il l'engendra de nouveau quand les Parques, achevant Pœuvre, eurent rendu capable de naître le dieu aux cornes de taureau. Il lui ceignit la tête d'une couronne de serpents, et de là vint queja Ménade, armée du thyrse, entrelaça depuis sa proie venimeuse avec les tresses de ses cheveux*.
« Thèbes, nourrice de Séniélé, couronne-toi de lierre; pour
célébrer la l'ête bachique, pare-toi, pare-loi des rameaux verdoyants, des irrappes fleuries du smilax, des feuilles du chêne
ou du pin : revêts la dépouille tachetée de la biche, et par-dessus, la blanche toison de la brebis : qu'en tes mains le flambeau s'agite et menace. Tout ce peuple bientôt prendra part à la danse sacrée. C'est Bromius qui la mène à la montagne, à
la montagne ^ où déjà habitent ces femmes chassées en foule, loin de leurs navettes et de leurs fuseuux, par raiguilloii du
dieu.
« Antre divin de Crète, qui fus la demeure des Curetés et le berceau de Jupiter, c'est dans ta retraite sauvage que les Corybantcs, balançant sur leur front la triple aigrelte de leur
casque, inventèrent cet instrument arrondi que recouvre une peau sonore ; ils en mêlèrent le bruit aux doux accents de la
flûte phrygienne; ils le placèrent dans les mains de Rliée, qui