‹ Études sur les tragiques grecs [microform]Chapitre 747 sur 893 · Voyez t. UI, p. 57 sq., 131 •• iV, lo2 si · texte numérisé non relu

Voyez t. UI, p. 57 sq., 131 •• iV, lo2 si

LES BACCHANTES

où est éloqucmment détestée l'audace impie de Penthée et des mortels qui lui ressemblent. On peut dire cependant, et on a dit, qu'il semble lui donner raison, lorsque ce culte de Bacchus, qu'il a déjà quelque peu compromis en le liant au culte de Gybèle, il le rattache maintenant à celui de Vénus. Un peu plus loin, il est vrai, comme par

compensation, il en transporte , par la pensée, le siège, de la voluptueuse Paphos au sublime Olympe, séjour des Muses. Ces relations secrètes entre les diverses religions de la Grèce, dont le mystère a si vivement intéressé la curiosité de la science moderne^ sont indiquées dans ce morceau avec moins de clarté que de charme poétique.

Cependant on amène à Penthée celui que réclamait sa vengeance, et qui de lui-même, en souriant, a tendu les mains à ses satellites, lesquels, par crainte religieuse, n'osaient le saisir. On lui annonce en même temps l'évasion de ses captives; leurs fers se sont détachés, les portos de leur prison se sont ouvertes pour leur livrer passage"^:

invoquant Bacchus à grands cris, elles ont été rejoindre leurs compagnes dans les forêts du Githéron. Cette fuite merveilleuse ne trouble point Penthée, qui se croit plus siir de son nouveau prisonnier.

C'est une situation bien frappante que celle de ce roi superbe, en présence d'un ennemi qui lui semble si faible, si méprisable, qu'il raille, qu'il insulte, qu'il menace à plaisir, et qui pourtant, sous l'extérieur le plus paisible,

le plus serein, cache un dieu puissant, irrité, prêt à tirer de SCS atïronts une aflVeuse vengeance. Cette situation dont le spectateur a le secret, donne à chaque trait du dialogue, même aux plus simples, à ceux qu'on croirait le moins tragiques, une signification terrible. Aristophane fait quelque part'' aux Èdoniem d'Eschv^e

1. Voyez le bel ouvrage de Creuzer, si heureusement reproduit par M. Guigniautsous le titri de Religions de V Antiquité, liv. VU, ch. 2.

2. Sponte sua patuisse fores, lapsasque lacertis Sponte sua, fama es!,, nuHo solvenle, catenas.

(OviD, i/c/am.", III, 699.)

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