‹ Études sur les tragiques grecs [microform]Chapitre 750 sur 893 · Cf. Virg., ^n.y VII · texte numérisé non relu

Cf. Virg., ^n.y VII

Molles tibi sumere thyrsos,

Te lustrare choro, sacrum libi pascere crinem.

2 V. 486 sqq.

' fi

l'ENTHÉE.

Moi, le fils d'Agave et d'Échion, Penthée!

BACCnuS.

Tu portes un nom de bien fâcheux augure.

Ici, comme ailleurs encore dans la pièce', il est faii

allusion au sens étymologique du nom de Penthée, lequel

voulait dire deuil. Cette allusion est une menace fort dramatique sur la scène grecque où, j'ai dû le répétci souvent 2, au choix même des noms propres, tout fortuit qu'il paraissait, était attribuée une inilucnce fatale. Lr poète tragique Chérémon, auteur, je l'ai dit, d'un Penthée,

l'a reproduite dans cet esprit'; mais Tbéocrite, qui la transportée dans sa poétique analyse des Bacchantes

d'Euripide*, n'en a fait qu'un détestable jeu de mots.

Penthée, ne pouvant réduire son adversaire au silence,

ordonne, tout hors de lui, qu'on le jette dans un cachot

obscur, près de l'étable de ses chevaux. L'autre sort avec des paroles que Penthée ne comprend point, mais qui

sont comprises du spectateur, et lui annoncent de loin le

terrible dénoûment:

« Les outrages dont tu nraccal)les,tules payeras à ce Bacchus, (jui n'est rien selon toi. En me jetant dans les fers, c'est à lui que tu fais injure'^. »

Il ne faut pas omettre de faire remarquer que cette fois les Bacchantes lydiennes ont été comprises dans les menaces de Penthée. Il les vendra, a-t-il dit, ou bien en fera ses esclaves. En attendant, il les a encore laissées sur ha scène, oi'i leur présence était nécessaire ^ Elles y font de nouveau entendre de belles strophes, dans lesquelles elles reprochent à Thèbes de laisser insulter impunément les

Page 1