‹ Études sur les tragiques grecs [microform]Chapitre 753 sur 893 · Musgrav«, blâmé par Brunck · texte numérisé non relu

Musgrav«, blâmé par Brunck

LES BACCHANTES

ivres de vin, troublées par les sons de la flûte, poursuivre avec fureur, dans les bois, les plaisirs de Vénus. Aux muiiissenients de mes bœufs, votre mère s'éveille et s'élance en hurlant du

milieu des Bacchantes. Elles secouent le sommeil profond qui ferme leurs paupières, elles se dressent, se lèvent de toutes

parts, n'offrant à l'œil ravi que de pudiques images, et les jeunes, et les vieilles, les vierges encore libres du joug de l'hymen. Et d'abord elles répandent leurs cheveux sur leurs épaules, elles rattachent les nœuds de leurs vêtements, et, se faisant une ceinture de serpents qui lèchent leurs joues », elles

fixent sur leur corps la peau du cerf, ou la dépouille tachetée

des bètes sauvages. Quelques-unes portent dans leurs bras un chevreau, ou le petit d'un loup, ollrant à ces animaux le lait dont leur mamelle i st encore pleine ; csiv elles viennent d'être mères et ont abandonné leurs enfants. Elles se couronnent de

lierre, de feuilles de chcne, de sniilax fleuri*. Il en est qui, saisissant le thyrse, frappent un rocher, et il en sort une eau

limpide. Une autre abaisse sa torche vers la terre, d'où le dieu

fait jaillir une source de vin. D'autres veulent s'abreuver d'un lait pur, qui coule aussitôt de la terre écartée par leurs doigts. Leurs thyrses, couronnés de lierre, distillent la douce rosée du miel 3. Non, vous n'eussiez pu vous-même, à ce spectacle, vous défendre d'adorer le dieu que maintenant vous repoussez. Cependant nous nous attroupons, bouviers et gardeurs de brebis, pour deviser entre nous de ces nouveautés étranges, de ces prodiges. Un homme de la ville, un discoureur, un imposteur, nous dit à tous : « Habitants de ces sommets sacrés, « voulez- vous que nous nous emparions, parmi ces Bacchantes,

Œ d'Agave, pour la ramener à son fils, qui nous en saura « gré? x> Nous trouvons l'avis bon, et nous mettons en em-

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