‹ Études sur les tragiques grecs [microform]Chapitre 755 sur 893 · U II · texte numérisé non relu

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buscade dans des broussailles. A l'heure accoutumée , elles s'arment toutes du Ihyrse et commencent la bacchanale , invoquant, à grands cris, lacchus, Bromius, le fils de Jupiter: et il semblait que la montagne, que les bêtes sauvages que tout prît part à la fête et fût emporté par la danse sacrée . Non loin de moi bondissait Agave; je m'élance du bocage ou j'étais caché, pour la saisir; elle s'écrie : « 0 mes chiens ra- « pides, nous voilà prises par ces hommes ; suivez-moi, suivez- « moi. armées de vos thyrses. » Nous fuyons pour nous dérober aux Bacchantes qui vont nous déchirer. Elles se jettent avec leurs mains désarmées sur nos bœufs qui paissaient, el vous les eussiez vues, ou étouffer dans leurs bras la génisse iiuffissante, ou la mettre en pièces, dispersant ses membres irrachés, et couvrant d^aiïreux lambeaux les arbres ensanglantés. Les taureaux, d'or.iinaire si terribles et si menaçants*, tombaient à terre sous la main de toutes ces jeunes femmes, et leur peau était enlevée en moins de temps que vous n'en mettriez, ô roi, pour fermer vos paupières. Bientôt

elles s'abattent , comme une nuée d'oiseaux, sur les plaines arrosées par TAsopus. où croissent les moissons thébaines. Elles attaquent en ennemies, sur les penchants du Cilheron, les villes d'Hysies, d'Erylhres^; elles ravagent, elles pillent, elles enlèvent les enfants à leurs mères; le butin dont elles se charÊcent, le fer. l'airain qu'elles emportent, se tient comme suspendu sur leurs épaules, sans lien, par un miraculeux pouvoir* elles posent impunément des torches ardentes sur leurs têtes'; et quand ceux qu'elles ont dépouillés s'arment avec colore pour se ven-er, spectacle étrange, ô roi! leurs traits s é-

moussent contre elles, tan lis que les thyrses quelles lancent portent dMnévitables blessures et font fuir des hommes devant ces femmes, sans doute par le pouvoir de quelque divinité. Enfin elles reviennent d'où elles étaient parties, à ces tontaines que leur dieu a fait jaillir pour elles; elles lavent le sang qui les couvre et que lèche sur leurs joues la langue ue leurs serpents*.... ^

Ce récit, naïf, gracieux, énergique, plein tout ensemble de naturel et de merveilleux, prêterait par ses beautés de

détail à bien des commentaires. Il serait long de dire

l. V. 7l7sqq. Cf. Virg.,fîuc.,VI,27:

Tum vero in numerum Faunosque ferasque videres Ludere, tum ligiùas motare cacumina queicus.

2 V. 734. Cf. Virg., Geor^., III, 232; /En., X. 725; XII, 104; Ovid„

l/emm.. VIII. 882.

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