‹ Études sur les tragiques grecs [microform]Chapitre 758 sur 893 · O Tt xa)ôv, ©i).ov àsC · texte numérisé non relu

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LES BACCHANTES

elle bondit le long du fleuve, dans la plaine, allant chercher» au sein de la forêt, la sombre et solitaire retraite où elle se

plaît loin des hommes '. »

Après ce chœur, assez court, le palais se rouvrait et offrait aux yeux, parée, en quelque sorte, pour le sacrifice, par les mains mêmes du dieu, la victime de Bacchus. Quand Penthée, les sens troublés, l'esprit en délire, s'écriait % comme l'a répété Virgile % qu'il voyait deux soleils, deux Thèbes ; quand il croyait suivre un taureau et que son guide lui disait que maintenant il ne se trompait pas * (on sait quel attribut tenait Bacchus de l'origine astronomique de son culte, quels surnoms lui donnait le rituel sacré, dieu porte-cornes, aux cornes d'or, aux cornes de taureau, au front de taureau, dieu taureau; quelquesunes de ces épithètes se rencontrent dans cette pièce même^ et tout à l'heure c'était précisément un taureau que garottait Penthée, croyant lier son ennemi^); quand le. malheureux, dont la raison s'égarait de plus en plus, donnait ordre d'emporter des leviers pour déraciner le Cithéron, demandant s'il pourrait charger sur ses épaules la montagne avec les Bacchantes; quand, occupé de son

déguisement bachique, voulant en l'aire parade devant les Thébains, il en vantait avec complaisance l'exactitude, ou bien le laissait rajuster par ces mains, dérisoirement empressées, qui le conduisaient à la mort; quand il applaudissait, sans y rien comprendre, à ces sarcasmes cruels par lesquels on lui annonçait sa fin : « Tu les prendras probablement, si tu n'es pris toi-même.... C'est moi qui te conduis, un autre te ramènera.... tu reviendras porté.... dans les bras de ta mère.... » ce qu'il y avait, dans une

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