‹ Études sur les tragiques grecs [microform]Chapitre 760 sur 893 · IF · texte numérisé non relu

IF

LES BACCHANTES. 267

notre Thyeste , s*écriant, l'horrible coupe dans la main : .... Mais cependant je ne vois point mon fils.

Arrive Gadmus, avec des serviteurs qui portent ce qu on

a pu recueillir sur le Githéron des membres de Penthée. C'est lui que regarde le triste office d'éclairer Agave, bien

malheureuse dans sa folie, mais qui le sera davantage

quand elle retrouvera sa raison Le vieillard lui-même fait

cette remarque, que nous avons eu ailleurs occasion de

faire, au sujet de l'égarement d'Ajax et de la désolante

lumière qui le suit'. Elle explique ici, dans un de ces ingénieux commentaires, ajoutés par les tragiques grecs euxmêmes à h\irs œuvres, l'effet dramatique de l'éclaircissement qu'on va lire :

CADMUS

D'abord regarde le ciel.

AGAVE

Je le regarde; mais pourquoi ?

GADMUS.

Paraît-il toujours le même à les yeux?

AGAVE

Il me paraît plus pur, plus serein encore qu^auparavant.

CADMUS

Ton âme est donc toujours égarée?

AGAVE

Je ne puis comprendre.... Mais il me semble qu'une révolution soudaine se fait en moi, que je retrouve mes sens et mes esprits.

CADMUS

Veux-tu m'écouter et me répondre?

AGAVÉ

O mon père, tout ce que j'ai dit, je ne m'en souviens plus.

CADMUS

Dans quelle maison Ta fait entrer riiyménée?

AGAVÉ

Dans celle d'Echion, né, dit-on, des dents du serpent,

CADMUS

Et quel fils as-tu donné à ton époux?

AGAVÉ

Penthée, né de tous deux.

ta

Page 1