Epist. adPisones.y, 231 sqq
4 Ibid. , V. 234.
LE CYCLOPE
ne le saunons pas par ce qui s'est cons^îrvé des traits les plus libres de l'étrange gaieté permise, dans ces saturnales dramatiques, à la tragédie, que nous l'apprendrions d'Ovide, (jui y a cherché une excuse pour la licence relativement plus discrète, et pourtant si rigoureusement punie, de ses vers :
Est et in obscènes deflexa tragœdia risus,
Multaque praeteriti verba pudoris habet :
Nec nocetauctori molleni qui fecit Achillem Int'regisse suis fortia facta modis '.
Cette idée de rapprocher, d'opposer, dans une même composition dramatique, les points extrêmes du noble et du trivial, du terrible et du bouiïon, n'est point, on le
voit, il est bon de le dire en passant, aussi complètement moderne qu'on l'a cru quelquefois, qu'on l'a, de nos
jours, ingénieusement souienu^. Elle ne date point des
lumières nouvelles du christianisme sur notre double nature ; elle ne date point du drame de Shakspeare, à la fable complexe, aux faces changeantes et disparates, aux tons divers et heurtés, aux frappantes, quelquefois aux
sublimes dissonances, et, pour ne parler que d'ouvrages
analogues à ceux qui nous occupent', de sa divertissante pièce de Troïle et Gressida, par exemple, oià, s'inspirant de nos vieux romans, il a traité si lestement, avec si peu de révérence, les héros de l'Iliade. Cette idée était venue
aux Grecs, même sous la discipline d'Homère, et, par
l'industiieuse émulation de leurs tragiques, et des plus
1. Trist ,U, A09 sqq. Les deux derniers vers font probablement allusion à un drame satyrique de Sophocle, uitit'ilé les Amants d'Acliille. dont il sera parlé plus loin. VVelck^r ( bid., p. 168) pense qu'il y est plutôt qu-stion des Myrmidons d'Kschyle, et que tout ce passage s'applique aux licences de la tragédie, et non du irame satyrique; il semble revenir, plus foin, p. 305 sq., à Topinion qu'il a d'abord contestée