M. V. Hugo, préface deCromwell
3. Dans ses Chroniques, le joyeux Falstaff et ses facétieux compagnon- ont paru à M. Haitung (ibid., p. 4'28) jouer auprès du noble Henri à peu prts le même rôle que le drame satyrique faisait jouer
auprès des héros à Silène et^iux Satyres.
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grands, elle enrichit leur théâtre de toute une classe d'ouvrages, destinés, il est vrai, c'est là la différence, et elle est considérable, uniquement à amuser, à égayer l'esprit. Dans ce que pouvait présenter de divertissant le
contraste des sentiments relevés du héros, avec les appétits sensuels, la gaieté brutale, la morale plus que facile, la malice, la lâcheté avouée du Satyre, était tout le plaisir, toute la portée de ce genre de drame.
Chez un peuple où les arts avaient leurs limites qu'on ne passait point, où la tragédie, avec ses accents familiers, la comédie, avec ses saillies de sérieux et de tristesse, se rapprochaient sans se confondre, le drame satyrique forma, entre ces deux genres, un genre à part, (jui
eut aussi sa forme spéciale; pour décoration, non plus,
comme le premier, le péristyle d'un palais ou d'un temple, comme le second, une place avec des maisons, mais la représentation de quelque solitude champêtre, des
bois, des rochers, des antres* ; pour acteurs, en regard des di'ux, des héros, et d'autre part de quel(|ues monstres grotesques, sacrifiés à la gaieté publique, dont les catastrophes funestes, sanglantes même, échappaient au pathétique, à la pitié ''^, n'excitaient que des ris, particulièrement le vieux Silène et ses fils les Satyres, vêtus de
peaux de bêtes, parés de guirlandes', dansant, le thyrse
en main, la pétulante, la sautillante Siciunis*; enfin, pour arriver à ce qui concerne l'expression poétique, un style, une versification qui avaient leurs attributs propres, et dont le caractère général paraît avoir été, comme celui de la composition elle-même, une sorte de compromis entre la gravité tragique et la familiarité comique, entre l'exactitude sévère et la licence*.