Voyez Casaub., ibid., I, vi
7. Suidas, v. 'ApiiTtou KuxXwtj/. Cf. id., v. 'ATiwÀeaa; : Zenob.,Proverb II, 16 ; V, 45 ; Diogenian , II. 32; Apostol., IV, 7, etc Sur le Cyclope d Arisfias, voyez, en dernier lieu, W. G. Kayser, Hist. crit. trag.Grœc, 1845, p. 72; Fr. G. Wagner, Poet. trag. Grœc. fragm., éd. F. Didof, 1846, p.l7j A. Nauck, Trag. Grœc. fragm, ^ 1856, p. 563.
EUBIPIDE. ÎI. -- 19
•il
•Il
plus le ridicule, font également justice ; là se rencontrent encore ensemble la dignité de la tragédie et un comique nui ne s'abstient ni du gros sel m de la grave ure. Les frasrmonts du théâtre d'Eschyle, de Sophocle, d Eunpide auraient suffi pour nous apprendre que tels «'aient les éléments du drame satyrique; mais, si une heureuse loi tune ne n.ms avait conservé le Cyclope, nous aurions ■ignoré de quelle manière ils se combinaient dans un tout harmonieux; comment de telles pièces pouvaient être Ïrécs, aussi bien que les tragédies, du fonds commun des récits épiques; comment il était toujours loisible, quel qu'en fit le sujet, d'y introduire le personnage oblige
'le prologue, car il y en a un, tout à fait semblable, sauf . uelques traits de gaieté, à ceux par lesquels s ouvrent toutes les tragédies d Euripide, le prologue, dis-je, fa,t connaître quelle combinaison du neuvième livre de 1 Udvssée, avec une donnée également homenque, fourme par
l'hvmne à Bacchus, a produit cette pièce du Cyclope. Le neuvième livre de l'Odyssée olîrait au poète 1 aventure a la lois terrible, pathétique et par intervalles discrètement facétieuse d'Ulysse et de Polyphème, c'est-à-dire la matière toute préparée d'un drame satyrique, moins les batyres eux-mêmes. L'hymne à Bacchus lui a suggère un roovn ingénieux et naturel de faire intervenir ces indispensables Satyres dansunefable à laquelle ils semb aient Lmptétemenl étrangers. Il a supposé qu a la nouvelle de ce que raconte l'hymne, c'est-à-dire de 1 enlèvement de Bacclius par les pirates tyrrhémens, les folâtres serviteurs du dieu s'étaient aussitôt mis en route, sous la con-
1 Ta difficulté de comprendre cefe introduction dans un certain 1. s ^l'Ciei.s par exemple la "" ^ „-^^^ ^^ ,„ ,,((. „.,
n, ,„>ii.ip deeré pour le Cyclope (l'turipiae, si la pieY<=."<^ ""-- --• ^.tenuref peut-on, larcnnséqueiit, s'en prévaloir pour contre-
iure! sf;r irgènre'îie" ouv.ages dont^U s'agit, les lémoiguages exprès
de runuquUéî
LE CYCLOPE
duite de leur père, le vieux Silène, pour le retrouver; mais que, jetés par une tempête sur les côtes de la Sicile, ils étaient tous devenus les esclaves de Polyphème. C'est sans doute d'après ce chapitre nouveau de l'histoire des Satyres, qu'un peintre accoutumé à profiter des idées d'Euripide', Timanthe, représenta dans un de ses tableaux, auprès du monstrueux Cyclope endormi, les Satyres occupés à mesurer son pouce avec un thyrse^. Ces faits de l'avant-scène, comme nous disons, voilà ce
qu'explique d'abord, dans le prologue, au seuil de l'antre
habité par le Cyclope, et s'encourageant de son absence.
Silène lui-même. Son langage devait satisfaire le poëte qui a dit :
« Pour moi, ô Pisons, si j'écrivais des Satyres, je ne me contenterais pas des mots propres, des gros mots, et, pour éviter la couleur tragique, je n'irais pas jusqu'à confondre par le lan^^a^e Dave ou Teffrontée Pythias qui l'ait cracher un talent à Simon, et Silène Je père nourricier, le serviteur
d'un dieu. »
Non ego inornata et dominantia nomina solum,
Ve baque, Pisones, Satyrorum scriptor, amabo : Nec sic enitàr tragico dilTerre colori, ^ Ut nihil intersit, Davusne loqiiatur et audax Pythias, emuncto lucrata Simone talentum, An custos famulusque dei Silenus alumni^.
Dans les premières paroles du Silène d'Euripide, des expressions vives et poétiques peignent la navigation des
Satyres, leur naufrage aux côtes de la Sicile, les mœurs des terribles habitants de cette île. En même temps, le sérieux d'une telle préface est égayé par quelques traits plaisants, comme lorsque le vieillard, qui ne passait point pour brave assurément, se vante d'avoir combattu à côté de Bacchus contre les Géants, et même d'avoir fait tomber sous sa lance Encélade * ; lorsque, interrompu sans